Résumé

Portrait de Marie Jaëll Marie Jaëll Le mécanisme du toucher

On peut en dire autant de la touche du clavier : pour le grand pianiste, les diversifications des degrés d’enfoncement qu’il sait communiquer à la touche par l’art de son toucher, la rendent aussi obéissante que si elle avait autant de ressorts différents qu’il lui communique d’attouchements différents. Chez l’exécutant inhabile, l’inconscience est telle que la touche ne présente qu’une seule résistance : son enfoncement total — il ne la sent et ne la voit pas autrement : ce n’est donc effectivement pas le même outil qu’il emploie.
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Portrait de Marie Jaëll Marie Jaëll Le mécanisme du toucher

Ne dirait-on pas que la nature nous a, par le mécanisme de l’appareil tactile, particulièrement prédestinés à faire ces distinctions infimes ? Pourquoi ne chercherions-nous pas à utiliser cette aptitude à discerner, par les transformations des représentations visuelles que le toucher nous suggère, ces différences minuscules si importantes dans l’art ? Car nul procédé de mesurer, même le plus artistique, ne peut atteindre la finesse de celui que nous offre l’appareil tactile.
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Portrait de Marie Jaëll Marie Jaëll Le mécanisme du toucher

La tradition de cette position de la main s’est perpétuée en principe, mais tandis que Liszt atteignait vraiment par elle le maximum de la sensibilité dans la pose des doigts, ceux auxquels sa force d’instinct faisait défaut, s’en servaient pour arriver à une approximation. Cette insuffisance de l’instinct musical peut être compensée par la connaissance précise du but à atteindre. Ce but, les empreintes des contacts aideront à le fixer pour les mains les plus différentes, avec une égale exactitude. Chacun pourra contrôler dans quelle mesure il l’atteint ou le manque.
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