Maurice de Fos

Résumé

Maurice de Fos Revue des Deux Mondes

Chaque brin d’herbe que le voyageur écrase distraitement sous son pied, peuple la campagne de nouvelles senteurs. Sous les étreintes irrésistibles du soleil, leur amant, les fleurs et les plantes grasses se pâment au flanc des rochers dans des convulsions amoureuses ; leurs tiges gonflées éclatent ; la sève pleure par tous les pores des larmes odorantes.
Yani et Zoïtsa purent atteindre, avant la trop grande chaleur du jour, le but de leur promenade et se plonger le visage et les mains dans la source même de l’Eridanos
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Maurice de Fos Revue des Deux Mondes

Le printemps, le chant des oiseaux, l’ombre, la solitude, tout invite à l’amour.
Zoïtsa, inconsciente d’un sentiment nouveau qui se révèle, s’appuie avec plus de tendresse contre la poitrine de son mari et, confuse aussitôt sans savoir pourquoi, elle rougit. Mais lui la tient embrassée sur son cœur. Il couvre ses joues de baisers brûlans. Sa bouche murmure à son oreille des paroles qu’elle n’entend pas, mais qui la troublent. Elle ne peut retenir ses larmes et pourtant elle se sent heureuse...
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Sans désirs, comme aussi sans besoins, leur vie s’écoulait ignorée et tranquille, partagée entre les travaux du ménage, la culture du jardin et les longues veillées, le soir sur la terrasse, où l’on vient respirer la fraîcheur de la nuit, quand la lune monte lentement dans le ciel et projette sur la mer sans rides l’ombre immense de l’île d’Égine ou la silhouette agrandie d’une felouque de Syra.
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