Nouvelle Revue Française, La Nouvelle Revue Française
“ Peu à peu nos propos ainsi s’enhardirent. — Alissa, lui dis-je un matin que l’air charmant riait et que notre cœur s’ouvrait comme les fleurs, — à présent que Juliette est heureuse, ne nous laisseras-tu pas, nous aussi... Je parlais lentement, les yeux sur elle ; elle devint soudain pâle si extraordinairement, que je ne pus achever ma phrase. — Mon ami ! commença-t-elle, et sans tourner vers moi son regard — je me sens plus heureuse auprès de toi, que je n’aurais cru qu’on pût l’être... mais crois-moi ; nous ne sommes pas nés pour le bonheur. — Que peut préférer l’âme au bonheur ? ”
