Jeanne-Marie Leprince de Beaumont,
Les contes de fées
(1872)
“ La cruelle Ragotte, y prenant garde, se jeta sur elle, et lui enfonça un poinçon si avant dans l'œil, que cet objet adorable perdit sur-le-champ la vie. A cette funeste vue, je me jetai sur Ragotte, et mettant l'épée à la main, je l'aurais immolée à des mânes si chères, sans que par son pouvoir elle me rendit immobile. Mes efforts étant inutiles, je tombai par terre, et je cherchais les moyens de me tuer pour me délivrer de l'état où j'étais, quand elle me dit, avec un sourire ironique: « Je veux te faire connaître ma puissance ; tues un lion à présent, tu vas devenir un mouton. » ”
