P. Batiffol et G. Bareille

Résumé

P. Batiffol et G. Bareille Dictionnaire de théologie catholique

Les vers 7 et 8 parleraient de Rome, rien que de la cité de Rome, ils en parleraient avec emphase et gaucherie, que ce serait un sens plausible, sinon très relevé. On nous dit qu’il est bien extraordinaire que le « Pasteur pur », c’est-à-dire le Sauveur, ait envoyé Abercius à Rome pour contempler la splendeur impériale de Rome. Mais ignore-t-on de quels religieux regards les chrétiens contemplaient Rome ? Ne sait-on pas que, pour eux, la fin de Rome devait être le signal de la fin du monde ?
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P. Batiffol et G. Bareille Dictionnaire de théologie catholique

Il y avait dans l’épitaphe d’Abercius des traits chrétiens, incontestablement, mais ces traits étaient contredits par d’autres qui ne l’étaient pas ou qui l’étaient moins : qu’est-ce que ce pasteur « aux grands yeux dont les regards atteignent partout » ? N’est-ce pas un mythe solaire ? Pourquoi envoie-t-il Abercius à Rome voir un roi (βασιλῆα) et une reine ? Pourquoi le berger ne serait-il pas Attis-Hélios et la vierge pure Cybèle ?
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Le plus sûr est de s’en tenir au texte de l’hagiographe et de traduire : le Pasteur m’a envoyé à Rome contempler « une souveraine et une reine ». C’est ici que la pensée d’Abercius s’obscurcit. La souveraine, nous dit M. Duchesne, c’est la cité-reine, la ville éternelle, avec son sacré sénat et l’empereur, la « souveraineté ». Soit. Rome, en effet, est très naturellement qualifiée de reine : Η ΒΑΣΙΛΕΥΟΥΣΑ ΡΩΜΗ ΤΟΝ ΒΑΣΙΛΕΥΟΝΤΑ ΤΩΝ ΛΟΓΩΝ, lisait-on dans une inscription du ive siècle, élevée à Rome à Proairésios et que nous a conservée Eunape.
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