P. de Lagenevais

Résumé

P. de Lagenevais Revue musicale

Tout le monde écoutait en silence, Verdi, songeant, s’était peu à peu rapproché : l’art exerçait sa magie, et M. Vaucorbeil, sans y penser, gagnait la cause du directeur de l’Opéra. Peut-être bien est-ce m’avancer trop que de dire qu’il n’y pensait pas, mais ce ne sont point là mes affaires. Où la parole s’arrête, la musique commence ; les directeurs qui parlent et qui écrivent n’avaient rien obtenu : arrivé un directeur qui chante, on cède au charme.
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Rien ne se dit en bien comme en mal que d’autres n’aient dit avant nous, et c’est plus que probable qu’aux temps héroïques où Guillaume Tell vit le jour, il y eut ainsi des grands hommes méconnus pour maugréer contre cet Italien envahisseur et contre ce directeur dépourvu de patriotisme, ce qui n’empêcha point l’Opéra de poursuivre le cours de ses destinées nationales et d’inscrire dans ses fastes un chef-d’œuvre de plus, dont aux yeux de l’Europe entière l’honneur revient à nous.
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Verdi n’est pas seulement un génie, c’est aussi un caractère, le musicien galantuomo par excellence, bon, brave, cordial, mais avec des retours de susceptibilité presque farouche. A l’œuvre on connaît l’ouvrier, on connaît surtout le maître, et quand le maître est en plus un chef d’orchestre incomparable et peu endurant, il y a fort à parier qu’entre lui et ses artistes maints désaccords éclateront.
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