Résumé

Portrait de Paul Janet Paul Janet L’Idée de force et la philosophie dynamiste

Le problème métaphysique n’est pas de savoir comment l’âme s’unit au corps, mais comment dans l’âme elle-même le dynamisme s’unit à l’hyperdynamique, comment l’esprit devient force, ou, si l’on veut, comment la force devient esprit : la force, c’est l’incarnation de l’esprit. Il n’est nullement extraordinaire qu’il y ait dans notre âme un fond incompréhensible, que nous ne pouvons exprimer que par des locutions imparfaites, puisqu’il est de la nature de notre intelligence de ne comprendre rigoureusement que ce qui est réductible au nombre et à l’étendue.
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L’âme, en tant qu’elle agit par le corps et sur le corps, est donc dépositaire d’une certaine force évaluable en nombres et en poids ; mais en est-il ainsi de l’âme en elle-même, dans son activité propre et intérieure, dans ce qui constitue son essence même, la volonté ? La volonté est-elle une force dans le sens précis du moi ? Une volonté forte se distingue-t-elle d’une volonté faible par le nombre de kilogrammes qu’elle peut soulever ? La force morale est-elle du même ordre que la force physique ?
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Là où il n’y a plus de résistance, la force a disparu, et il ne reste plus que l’acte pur, ainsi que l’a dit si profondément Aristote. Encore une fois, il ne faut pas confondre l’activité et la force. L’activité est l’essence de l’être, et nous admettons avec Leibniz que ce qui n’agit pas n’est pas, quod non agit, non existit ; mais la force n’est qu’une activité inférieure : c’est l’activité tombant sous les lois de l’espace et du temps, tandis que l’âme ne connaît que les lois du temps, et que Dieu est au-dessus des unes et des autres.
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