Paul Lafargue

Paul Lafargue

Résumé

Portrait de Paul Lafargue Paul Lafargue L’Égalité

Mais si la main-d’œuvre est si abondante et à un prix si bas que le capitaliste peut, en la surmenant de travail, produire à aussi bon compte qu’avec des machines, il n’hésite jamais ; car les machines exigent une avance de capital, elles s’usent et se démodent ; tandis que le capitaliste ne débourse pas un sou pour se procurer cent ou deux cents ouvriers, il n’a qu’à ouvrir les portes de ses ateliers ; et s’il les tue de travail, quel mal cela fait-il à sa poche ? La poche est l’endroit où le capitaliste met tout son cœur et toute son intelligence.
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Ces chiffres prouvent combien la meule de l’exploitation capitaliste a broyé les besoins des ouvriers depuis le siècle dernier.
Les philanthropes, ces jésuites laïques vantent les bienfaits de l’industrie moderne : « l’atelier mécanique, disent-ils avec attendrissement, a donné du travail à la femme, aux enfants ; tous ont pu concourir à augmenter le bien-être de la famille ouvrière. » Le travail de la femme et des enfants n’a concouru qu’à diminuer le salaire des hommes et à engendrer la misère de la famille ouvrière.
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Ainsi donc, pour développer l’outillage industriel d’un pays, un des moyens les plus efficaces est d’élever la valeur de la main-d’œuvre ; pour augmenter la valeur de la main-d’œuvre, c’est-à-dire pour hausser les salaires, ainsi que nous l’avons démontré dans la dernière Égalité, il faut diminuer l’armée de réserve du capital, il faut raréfier la main-d’œuvre soit par l’émigration dont heureusement ne veulent pas les Français, soit par la réduction légale de la journée de travail à huit heures.
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