Paul Langevin

Résumé

Paul Langevin La Revue du Mois

Comme si la puissante unité de sa vie morale ne lui eût pas permis de rien faire, de rien être sinon complètement, de même qu’il était intelligent avec profondeur, simple avec courage, il était bon avec un charme qui se dégageait de toute sa personne, qui le fit adorer de tous ceux qui l’approchaient. Autant que vers son génie, c’est vers sa bonté qu’allait l’immense consternation répandue par sa mort, même au loin, même dans le peuple des simples comme lui qui avaient reconnu l’un des leurs par ce que les journaux racontaient de sa vie.
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Paul Langevin La Revue du Mois

Et lui était en même temps un admirable expérimentateur.
Loin d’être émoussée par le poids de son savoir, son originalité se retrempait constamment au contact des faits, source de toute puissance et de toute fécondité. Autant peut-être qu’à ses qualités natives, il devait aux courses vagabondes de sa jeunesse et à toute une vie passée dans son laboratoire, ce sens profond de la recherche grâce auquel, là où d’autres auraient hésité, il voyait de suite l’expérience à faire, et la faisait mieux encore.
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Elle sait rendre par là le plus pieux hommage à celui qui n’est plus et dont l’esprit survit en elle, après un déchirement d’autant plus cruel que leurs cerveaux s’étaient unis par les sentiments comme par les pensées, qu’ils avaient toutes mises en commun.
Il est difficile, en effet, d’imaginer une union plus intime que celle, plus étroite chaque jour, où ils eurent tous deux la joie de vivre onze ans. Avec la clarté de son esprit sincère, Curie avait senti ne pouvoir réaliser entièrement sa vie que grâce à une femme qui fût en même temps sa collaboratrice.
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