Résumé

Henri Bouasse Capillarité - Phénomènes superficiels

Rien n’est amusant comme le soin que prennent nos professeurs de Faculté (l’École normale donne le branle) de détourner leurs élèves de la lecture de mes livres. « Gardez-vous, disent-ils, d’en apprendre autant ! Votre crâne éclaterait ! Tâtez le nôtre : il est vide. Ce qui prouve qu’on arrive sans rien savoir. Ménagez-vous, bachotez. Ayez pourtant le soin d’apprendre un historique et de mettre des renvois bibliographiques au bas des pages : c’est facile et donne l’illusion de la Science. »
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Henri Bouasse Capillarité - Phénomènes superficiels

Tout élève du Conservatoire à qui l’on apprend à prononcer les mots, pense qu’on éteint son génie, qu’on brise ses ailes, qu’on atrophie son idéal artistique. Jusqu’à présent les savants ne tombaient que par exception dans ces godants ridicules ; mais voici qu’ils élèvent à la hauteur d’un principe le mépris de toute instruction. Je vous laisse à penser de quel œil ils voient le monsieur qui rend accessible la Science acquise, et qui, bon gré mal gré, les oblige à se mettre au courant pour que leur ignorance foncière n’apparaisse pas trop grotesque.
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Henri Bouasse Capillarité - Phénomènes superficiels

Qu’on ne se méprenne pas sur ce que je dis : il faut des professeurs, il faut qu’ils vivent décemment. Mais il ne faut pas que le professeur de faculté se croie quitte envers le contribuable quand il a fait ses cours : ils seraient alors ridiculement trop payés.
Et l’on voit maintenant la sottise de distinguer deux ordres de savants : ceux qui enseignent, ceux qui découvrent.
Ceux qui enseignent sans vivre dans leur laboratoire, enseignent en dépit du sens commun ; il me reste à vous montrer que la nécessité d’enseigner ne peut qu’être utile pour la découverte.
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