Résumé

Edgar Saveney Les Vulgarisateurs de la science

Tel grand chimiste joue un rôle administratif, qui gaspille ainsi son talent loin des travaux de sa profession : on se souviendra du chimiste ; qui se rappellera l’homme politique ? — Ici, comme on le voit, nous ne sommes plus sur les terres de l’utopie, où la chimie et la politique ne font qu’un, où la science gouverne et administre. Dans le monde pratique que M. Meunier considère, la science et le gouvernement diffèrent du tout au tout. Ce que M. Meunier veut défendre avant toute chose, c’est l’indépendance de la théorie scientifique, c’est l’esprit de libre recherche.
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Edgar Saveney Les Vulgarisateurs de la science

Devenu maître du domaine scientifique, où il ne tolère aucune indépendance, il fait de son autorité un instrument de l’omnipotence impériale. Cuvier ne croit pas à la génération spontanée et ne permet pas qu’on y croie, « parce que l’empereur ne le veut pas. »
Ce qui indigne surtout M. Meunier, c’est l’espèce de féodalité qu’il découvre dans le monde de la science. À son avis, chaque savant officiel tient en fief une spécialité des connaissances humaines, y dispose de tous les instrumens de travail et y exploite à son profit ou au profit des siens tous les moyens de progrès.
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Edgar Saveney Les Vulgarisateurs de la science

La science règle la morale et la politique comme la religion. « Elle est l’église et l’état. » Toutes les actions des individus et des nations se réduisent à des opérations scientifiques. « La science gouvernera la société, mais à sa manière : en se bornant à faire éclater le vrai. Ses arrêts ne sont pas ceux du nombre et de la force, ce sont des preuves. » La science prend donc possession du gouvernement, elle organise les rapports des hommes, elle règle la production, elle dirige l’instruction.
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