G. D’Aremberg

Résumé

G. D’Aremberg Revue des Deux Mondes

« Rien ne sert, ni la chaleur, ni le froid, ni la salubrité du pays. Que ce soit des montagnes élevées, des vallées profondes, une île de la mer, une vaste plaine, une terre hérissée de rochers, une forêt, une rive sablonneuse, un marais, la maladie se propage partout. On attend l’hiver, la froidure est sans effet contre elle ; la chaleur de l’été, la douceur du printemps, le cours de la lune, rien n’arrête ses ravages. Aucun souffle n’est salutaire, de quelque côté qu’il vienne. » Dans ce temps, il mourait cinq cents malades par jour à l’Hôtel-Dieu de Paris.
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Voilà ce qu’a découvert M. Littré en sachant lire Hippocrate, tant il est vrai que l’intelligence et l’interprétation des livres anciens dépendent du progrès actuel des sciences. La science d’aujourd’hui est fille de la science d’hier. Pour retrouver le fil conducteur entre le passé et le présent, il faut lire les anciens, voir combien, au milieu de son évolution rapide, la médecine a laissé en chemin d’essais, d’indications, d’institutions qu’il serait sage de ne pas perdre et qu’une étude intelligente peut nous rendre.
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Il n’est pas permis à des génies vigoureux d’intervertir l’ordre des temps, et l’on ne peut accuser leurs contemporains d’avoir manqué de clairvoyance en ne mettant pas à profit des vérités si palpables. C’est là qu’éclate dans tout son jour, dans toute sa force, le principe de la connexion historique qui fait tout marcher pas à pas, ne permettant pas que même les vues avancées des génies sagaces aient aucun effet prématuré. Ainsi l’histoire nous démontre que l’anatomie isolée n’a jamais fait progresser la médecine.
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