Résumé

R. Radau L’Observatoire de Paris depuis sa fondation

Il y avait alors à Paris un homme d’un mérite autrement sérieux, qui sans aucun doute eût inauguré en France l’ère de l’astronomie de précision et de mesure, s’il avait eu les mains libres pour agir, et si son crédit eût égalé celui de Cassini, qu’il avait eu le malheur de recommander lui-même à Colbert pour la place de directeur de l’Observatoire. Cet homme était l’abbé Picard, prieur de Rillé, en Anjou, et successeur de Cassendi dans la chaire d’astronomie du Collège de France. Il passe pour être le premier qui ait observé les étoiles en plein jour à l’aide des lunettes.
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R. Radau L’Observatoire de Paris depuis sa fondation

La recherche d’astres nouveaux, — comètes et petites planètes, — peut à la rigueur être abandonnée aux amateurs ; une bonne lunette, une carte céleste très détaillée et beaucoup de patience, voilà tout ce qu’il faut pour entreprendre ce genre d’observations. Aussi voyons-nous Goldschmidt à Paris et M. Tempel à Marseille se faire un nom par les succès qu’ils obtiennent sur ce terrain malgré l’attristante exiguïté de leurs moyens d’observation. Aucun homme sérieux ne reprochera aux astronomes d’un grand observatoire de ne découvrir ni planètes ni comètes ; ils ont mieux à faire.
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R. Radau L’Observatoire de Paris depuis sa fondation

L’Angleterre prit alors les devans ; l’observatoire de Greenwich, fondé en 1676, s’éleva facilement au premier rang, et les travaux de Flamsteed, de Bradley, posèrent les fondemens de l’astronomie, tandis que l’observatoire de Paris tombait en ruine sous la dynastie des quatre Cassini. Pendant cent soixante ans, ce colosse de pierre arrête le progrès de la science, et les tentatives timides qui sont faites de loin en loin pour y acclimater l’observation ne servent qu’à faire ressortir plus clairement les défauts de cet édifice inhospitalier.
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