Résumé

Portrait de Babinet Babinet Revue Scientifique. — Les Adieux de l’année 1857 à la science

On conçoit que, d’après l’extrême ténuité des élémens dont se composent les comètes et le grand éloignement de leurs diverses particules, joints au peu d’action que ces particules exercent les unes sur les autres, il se peut facilement opérer une séparation de leurs élémens sous l’empire des forces étrangères. Lorsque, sous l’action du soleil et de la lune, nos océans sont soulevés et tourmentés de mille manières par les marées, leurs eaux sont énergiquement retenues par la pesanteur, dont l’action de la lune n’est que la neuf-millionième partie.
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On doit penser que dans une science où, suivant Fontenelle, l’art d’observer est lui-même une très profonde science, l’intelligence humaine a dû faire autant de frais de génie pour les instrumens que pour le calcul des inextricables complications des mouvemens célestes où chaque astre est influencé par tous les autres. Franklin définissait l’homme l’animal qui sait se faire des outils, et quels outils que ceux qui doivent partager et marquer le temps et l’espace dans leurs plus petites subdivisions !
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Tout conspire contre les malheureux observateurs du ciel. Si le ciel est couvert ou même un peu voilé, les objets délicats ne sont plus visibles, et par un beau ciel bien transparent la lumière de la lune, celle des crépuscules et des aurores sont presque aussi nuisibles à la pénétration des instrumens dans l’espace. Herschel n’admettait pendant toute une année que quarante heures de parfait fonctionnement pour ses télescopes.
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