Paul Naudet

Résumé

Paul Naudet Vers l'Avenir (1896)

Que la société pale d'abord ses dettes avant de jeter plus ou moins superbement l'aumône à ceux qui, dans une organisation sociale bien ordonnée, n'en auraient nul besoin; ce que nous appelons large charité, n'est pas même vulgaire justice et reste au-dessous du devoir.
L'oubli de ces principes nous a conduits à l'anarchie, car c'est en pleine anarchie que nous vivons : anarchie du capital, anarchie du travail, réaction de l'un contre l'autre, et lutte à mort, sans but déterminé, d'ailleurs, lutte d'instinct, sans objet immédiat, précis et défini nettement.
Source : Gallica

Paul Naudet Vers l'Avenir (1896)

Tous les efforts antérieurs ont échoué, parce que le peuple n'avait pas sa place dans l'oeuvre commune. Comme le choeur dans la tragédie antique, il allait, il venait, mais il n'agissait pas ; aussi, notre organisation catholique, toujours abondamment pourvue de chefs, n'avait jamais de soldats. La noblesse et l'ancienne bourgeoisie, jadis maîtresses du pouvoir, ne pouvaient se faire à l'idée de l'avoir perdu; la bourgeoisie nouvelle, gâtée par l'exemple de ceux qui l'avaient précédée, se séparait du peuple d'où elle tire son origine, et refusait aussi de lui faire sa place.
Source : Gallica

Paul Naudet Vers l'Avenir (1896)

Les gros bataillons sont alors peu de chose, la victoire est aux plus énergiques et aux plus vaillants. Quand on étudie l'histoire de l'Église, on remarque ce fait très significatif que l'on pourrait appeler le flux et le reflux de la foi. Tantôt le mouvement catholique gagne en étendue, tantôt, au contraire, il gagne en intensité. Dans le premier cas, la masse est chrétienne, mais, à l'horizon, on voit se lever le pâle soleil des décadences ; dans le second cas, on ouvre son coeur à l'allégresse, car la victoire est proche, et on peut compter sur les jours de demain.
Source : Gallica

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