Résumé

Portrait de René Doumic René Doumic Revue dramatique. — La Fugitive…

Et je me suis sentie vieille auprès de toi. — Mme Journand : Oh ! Antoinette... Ma petite fille ! — Antoinette : Car la jeunesse, c’est d’être heureux, c’est d’aimer... Je ne veux pas être vieille encore ! Je veux connaître le bonheur que tu as connu, que tu connais, qui te transfigure, qui te rend jolie et bonne, qui t’a fait ouvrir si largement à ta petite fille un cœur qu’elle s’était cru fermé ; Mère, c’est parce que je t’ai vue ainsi, que je n’ai plus su me résigner.
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Le héros n’est-il pas un philosophe, dégagé de la vieille morale, « affranchi » des formules traditionnelles, mais qui fait la distinction entre l’ordre de la connaissance et celui de l’action, entre la raison pure et la raison pratique ? Le problème agité dans les Affranchis n’est-il pas celui de savoir si la façon dont on pense n’a aucune influence sur la façon dont on agit ? Problème débattu dans les traités de morale, mais qui n’avait pas encore été porté à la scène.
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Notez qu’Antoinette est sur le point de fuir, — une « fugitive » elle aussi, — avec le petit Denver, tout en sachant que ce drôle est un vulgaire escroc et que ce voleur de femme est un voleur d’argent. La situation est des plus graves ; et sur qui en retombe une forte part de responsabilité, sinon sur Mme Journand elle-même, sur la mère oublieuse de son devoir et donneuse de mauvais exemple ? Devant son gendre, elle essaie de se défendre : « Une vie ne peut pas être tout entière de sacrifices. On peut être à la fois femme et mère... »
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