Résumé

Réponse d'un patriote au programme de la monarchie (1835)

Nous ne sommes pas mûrs, nous dira-t-on, pour une république. D'accord; les faits mêmes l'ont prouvé; les hommes les plus patriotes n'ont pu jusqu'à ce jour que développer leurs théories. Ils n'ont point encore offert au pays une organisation compacte et des garanties solides. Il y a anarchie dans la démocratie aussi bien que dans la monarchie ; mais examinons les tendances. Celle-ci vise au passé, où il n'y a que guerre ; celle-là vise à l'avenir, où l'on entrevoit la paix. Le principe monarchique ne peut vivre que de la discorde, le principe démocratique n'a de refuge que dans l'union.
Source : Gallica

Réponse d'un patriote au programme de la monarchie (1835)

C'est que cette Charte est un papier qui n'a pas créance; c'est qu'il y a des valeurs courantes qui la remplacent, des garanties sociales plus positives qui se sont élevées en-dehors de ce point étroit; c'est qu'elle ne représente ni les habitudes, ni les croyances, ni les besoins ; c'est surtout qu'une puissance, imperceptible naît du concours de ces choses ; et cette puissance profonde et secrète, c'est la démocratie, être moral et instinctif, qui résulte du sentiment collectif de la nation, et qui est tout prêt à se passer de tutelle.
Source : Gallica

Réponse d'un patriote au programme de la monarchie (1835)

Pouvoir exécutif libre et indépendant, machine unique qui reçoit une impulsion, mais dont les rouages ne s'embarrassent point avec ceux de la législature, la royauté pourrait compter sur de longs jours d'existence. Ce qui l'affaiblit et la fait mourir, c'est le monos ; c'est son vieil instinct d'envahir l'universalité. Elle périt de surcharge, comme un vase dans lequel a germé et grandi un arbre que l'on n'a pas voulu séparer de lui. Elle périt comme tout ce qui, étant individuel, méconnaît la puissance de la généralité sur la particularité, et se révolte contre cette providence infinie.
Source : Gallica

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