Résumé

T. B. Aldrich Littérature américaine. — Marjorie Daw

Prétends-tu sérieusement être à demi amoureux d’une femme que tu n’as jamais vue, d’une ombre, d’une chimère ? car miss Daw ne peut être que cela pour toi. Je n’y comprends plus rien ; je ne vous comprends ni l’un ni l’autre. Vous êtes un couple éthéré qui plane dans une atmosphère trop pure pour les poumons d’un simple mortel de ma sorte. Pareille délicatesse de sentimens fait mon admiration, m’abasourdit surtout. N’est-ce pas une situation fort embarrassante pour qui est de la terre d’avoir affaire à des êtres incorporels d’essence si exquise qu’on a peur de les briser par maladresse ?
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T. B. Aldrich Littérature américaine. — Marjorie Daw

Miss Daw est une fille qui te plairait prodigieusement, je t’en avertis : une beauté sans affectation, une nature fière et tendre, s’il faut croire que la physionomie reflète l’âme. — Et j’ai bonne opinion du vieux colonel... Je suis ravi en somme que les Daw soient des gens aussi agréables. Les plus sont un lieu fort isolé, mes ressources sont peu nombreuses, j’eusse trouvé bien vite l’existence insipide, s’il avait fallu m’en tenir à la société de mon excellent père. Il est vrai que j’aurais pu me faire une cible de ce cher malade ; mais je n’ai pas le goût de l’artillerie, moi !
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T. B. Aldrich Littérature américaine. — Marjorie Daw

MARJORIE DAW Il y a plusieurs années déjà qu’une tendance croissante de la littérature américaine vers l’humour était signalée dans la Revue [1] . Un juge compétent s’étonnait du goût très particulier du peuple le plus industriel et le plus positif du monde pour la forme d’esprit la plus légère et la plus fantasque, il l’expliquait par une erreur commune à l’amour-propre qui fait que chacun de nous aspire plus spécialement aux succès pour lesquels la nature ne l’a pas créé.
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