Résumé

Félix Klein La Guerre vue d’une ambulance

L’amour de la guerre pour elle-même est si peu dans le fond de nos âmes que le grand crime dont nous accusons l’Allemagne est de l’avoir rendue fatale et ensuite déchaînée. Pour n’avoir pas voulu la guerre, pour ne chercher qu’à en délivrer le monde et à l’extirper jusque dans ses causes, les peuples civilisés ne se battent pas aujourd’hui avec moins de courage, ni avec moins de résolution. Dans cet effort sacré, ils ne peuvent puiser qu’une vigueur nouvelle à contempler de près les souffrances, noblement acceptées, des victimes des champs de bataille.
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Félix Klein La Guerre vue d’une ambulance

La fatigue surhumaine de six semaines de combats, la marche ininterrompue en pays hostile, le déchet des munitions, les premières atteintes de la faim, c’en est trop pour l’endurance de ces troupes, si fortes soient-elles, et leurs chevaux eux-mêmes cèdent à l’épuisement. Encore quelques jours, quelques heures peut-être, et l’historique bataille de la Marne (toujours ces noms gigantesques !) arrête l’invasion ou même la repousse, détruit les plans de l’Allemagne, renverse à notre avantage la marche de la guerre, se transforme en victoire de la France...
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Félix Klein La Guerre vue d’une ambulance

Les pauvres blessés, bien doucement, sont enveloppés, soulevés, couchés sur les matelas de l’ambulance ou sur les coussins de la voiture de maître ; et les voilà partis vers l’asile de science et de bonté, où se réparent, quand ils sont réparables, les forfaits atroces de la guerre. Il y a la science qui tue et la science qui guérit, comme il y a le bien et le mal, comme il y a Dieu et les démons.
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