Résumé

Une parole d'humoriste ? (1878)

N'estce pas la constitution d'un pouvoir puissant et incontesté, la croyance au surnaturel qui ont fait des tribus primitives en lutte constante avec leurs besoins grossiers, de grandes nations prospères et jouissant des bienfaits de l'ordre et de la sécurité sociale? N'est-il donc pas rationnel de craindre qu'une fois ces institutions disparues, les abus d'une liberté sans frein avivant de plus en plus les luttes envenimées de la plume et de la parole, ne nous mènent finalement à l'anarchie sociale par la perpétuelle remise en question de tout ce qui fait qu'une société tient debout?
Source : Gallica

Une parole d'humoriste ? (1878)

Aussi, comment admettre que ces grandes libertés, qui impliquent fatalement l'égalité politique, puissent servir de bases à l'organisation d'une société prospère et bien ordonnée ; il faudrait oublier que toute tentative d'organisation sociale a toujours eu pour effet de les restreindre, parce qu'elles doivent toujours nous conduire à l'anarchie dans les idées comme dans les laits, et conséquemment à la domination des plus violents. Qui ne le sait, du reste, l'homme ne tend-il pas à abuser de tout? Le mal ne se produit-il pas toujours quand on sort de la discipline et de la règle.
Source : Gallica

Une parole d'humoriste ? (1878)

Ce qui fait qu'une fois sur la pente démocratique, ou plutôt démagogique, ânarchique, égalitaire, il est vraiment inutile de chercher à s'arrêter quelque part; il n'y a plus qu'à se laisser rouler jusqu'au fond du fossé, comme on dit vulgairement. Et à ce sujet, il ne faut pas craindre de le redire à satiété : la base du régime démocratique, c'est la liberté illimitée, cette liberté qui n'a jamais été que la liberté de mal faire, puisqu'elle a toujours servi à surexciter les passions haineuses et anti-sociales.
Source : Gallica

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