Résumé

Victor Bérard Choses d’Allemagne. — Deux Méthodes diplomatiques

En arrivant à Francfort, Bismarck était un conservateur entêté ou du moins passait pour tel, et c’est comme tel qu’il avait gagné le cœur de son roi Frédéric-Guillaume IV, comme tel qu’il avait été nommé à la Diète pour aider l’Autriche en son œuvre de réaction. Il avait la haine de la Révolution et le mépris des révolutionnaires. Il savait que « la puissance du gouvernement est plus forte et plus solide en Prusse qu’en tout autre pays du monde et qu’aussi longtemps que Sa Majesté saura donner des ordres, on obéira. »
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Victor Bérard Choses d’Allemagne. — Deux Méthodes diplomatiques

Après Sadowa, racontait-il un jour, mon gracieux maître avait décidé d’enlever un morceau de territoire à chacun des princes battus, comme punition : « Je vais, me répétait-il sans cesse, exercer la justice de Dieu. » Je finis par lui répondre qu’il valait mieux laisser Dieu exercer sa justice lui-même.
Ce grand fourbe eût ménagé l’opinion de l’univers. Même après la dépêche d’Ems, même après le Congrès de Berlin, il voulait que le monde entier crût encore à sa franchise :
L’empire d’Allemagne ne repose que sur la confiance que l’on a de moi à l’étranger.
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Victor Bérard Choses d’Allemagne. — Deux Méthodes diplomatiques

Qu’on m’envoie le savetier ou le maître d’école et, s’ils sont lavés et peignés, j’en ferai des diplomates. Je fais de grands progrès dans l’art de beaucoup parler pour ne rien dire. Personne, pas même le plus méchant des démocrates, ne peut se faire une idée de ce qu’il y a de nullité et de charlatanisme dans la diplomatie.
Bismarck ne changea jamais de langage à l’égard de la diplomatie et des diplomates. Mais dans tous les dires de Bismarck, il faut faire la part de l’homme, de l’instant et de l’humeur.
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