Élie Faure

Élie Faure

A. Derain (1923)

Résumé

Portrait de Élie Faure Élie Faure,  A. Derain (1923)

“ Jusqu'à la guerre — et même jusqu'après la guerre, — elle avait deux dimensions, pas d'épaisseur, des profils maigres, quelque chose de souffrant, bien que de très fortement expressif, une tension pénible, un peu hargneuse, sans doute l'anxiété d'une recherche incessante, en somme un aspect primitif. Il semble que l'homme d'aujourd'hui, inondé d'intelligence, connaissant tout l'effort antérieur des hommes, partout sur la vaste terre et dans la plus lointaine profondeur des siècles, soit contraint de repasser par toutes les étapes et d'essayer, tour à tour, toutes les directions de l'esprit. ”
Source : Gallica

Portrait de Élie Faure Élie Faure,  A. Derain (1923)

“ Mais, chez Derain, la densité de la peinture est telle, qu'elle donne l'impression physique d'agglomérer le monde ambiant dont les molécules éparses paraissent aspirer à se plonger en elle pour serrer et durcir le grain de son tissu. Elle s'isole, d'elle-même, avec une sorte d'obstination. L'arbre, dans le paysage, ne paraît être là que pour résumer et ramasser la solitude. Le bouquet de fleurs émerge de l'ombre, qu'il accumule en ses pétales sombres. ”
Source : Gallica

Portrait de Élie Faure Élie Faure,  A. Derain (1923)

“ Si le souvenir lointain d'Ambrogio Lorenzetti a surnagé longtemps dans ses paysages, par exemple, Corot y apparaît encore quelquefois, par ces lignes et ces bouquets d'arbres qui semblent comme suspendus au-dessus des vallonnements de la terre : mais, chez Derain, arbres, vallonnements, tous les accidents du sol et de l'espace sont, bien plus visiblement que chez Corot, un signe symbolique autour duquel le visage de la planète, avant de se projeter sur la toile, s'organise dans l'esprit où il revêt, tous les jours davantage, un caractère monumental. ”
Source : Gallica

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