“ Et alors, Linton ne serait plus rien, ni Hindley, ni tous les rêves que j'ai jamais rêvés. Deux mots comprendraient tout mon avenir: la mort et l'enfer; car si je perdais Catherine, l'existence serait un enfer. Oui, j'étais fou d'imaginer un moment qu'elle appréciait l'affection d'Edgar Linton plus que la mienne. Quand même il l'aimerait avec toutes les puissances de son être mesquin, il ne l'aimerait pas autant en quatre-vingts ans que moi en un jour. ”
Edgar Linton
Définition et enjeux
Citations sur “Edgar Linton”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Edgar Linton avait la tête appuyée sur l’oreiller et les yeux fermés. Les jeunes et belles lignes de son visage offraient l’aspect de la mort presque autant que celles de la forme étendue près de lui, et elles étaient presque aussi rigides ; mais son immobilité était celle de l’angoisse épuisée, l’immobilité de Catherine était celle de la paix parfaite. Le front uni, les paupières closes, les lèvres sur lesquelles semblait voltiger un sourire : un ange céleste n’aurait pu être plus beau qu’elle. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Son délire, cependant, n’était pas fixé sur un objet unique ; s’étant arrachée à la contemplation de l’obscurité du dehors, elle concentra graduellement son attention sur Edgar et découvrit que c’était lui qui la tenait. – Ah ! vous voici donc, n’est-ce pas, Edgar Linton ? dit-elle avec une animation courroucée. Vous êtes un de ces êtres qu’on trouve toujours quand on en a le moins besoin, et qu’on ne trouve jamais quand on en a besoin ! ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ j’allais seulement dire que le ciel ne m’avait pas paru être ma vraie demeure. Je me brisais le cœur à pleurer pour retourner sur la terre et les anges étaient si fâchés qu’ils me précipitèrent au milieu de la lande, sur le sommet des Hauts de Hurle-Vent, où je me réveillai en sanglotant de joie. Voilà qui vous expliquera mon secret aussi bien qu’aurait fait mon autre rêve. Ce n’est pas plus mon affaire d’épouser Edgar Linton que d’être au ciel ; et si l’individu pervers qui est ici n’avait pas ainsi dégradé Heathcliff, je n’y aurais jamais songé. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Et Edgar, grave, debout à mon côté pour contempler ma fin, puis offrant à Dieu des actions de grâce pour la paix restaurée à son foyer, et retournant à ses livres ! Au nom de tout ce qui a une âme, qu’a-t-il à faire de livres, quand je suis en train de mourir ? L’idée de la résignation philosophique de Mr Linton, que je lui avais mise dans la tête, lui était insupportable. Elle s’agita tellement que son égarement fébrile devint de la folie et qu’elle se mit à déchirer l’oreiller avec ses dents ; puis, se dressant toute brûlante, elle voulut que j’ouvrisse la fenêtre. ”
Émile Montégut, Miss Brontë, sa Vie et ses Œuvres…
“ La loi des attractions mystérieuses a été merveilleusement observée par Emilie. On comprend très bien comment Catherine peut préférer Heathcliff, — ce personnage brutal, farouche, porté à toutes les énergies criminelles, qui à l’occasion ne s’inquiétera pas d’un meurtre, qui ne reculera jamais devant la vengeance, — au bon, dévoué et charmant Edgar Linton. Hélas ! Edgar Linton n’a pas l’âme assez forte pour Catherine, et elle a pour son mari en conséquence une certaine pitié ; en lui, elle n’a rien aimé que la richesse et la beauté. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ La nuit dernière, j’ai passé six heures dans le jardin de la Grange, et j’y retournerai ce soir ; nuit et jour je rôderai autour de la maison, jusqu’à ce que je trouve une occasion pour entrer. Si je rencontre Edgar Linton, je n’hésiterai pas à l’abattre et à faire ce qu’il faudra pour m’assurer qu’il me laissera tranquille pendant que je serai là. Si ses domestiques me font obstacle, je m’en débarrasserai en les menaçant de ces pistolets. Mais ne vaudrait-il pas mieux prévenir la rencontre avec eux ou avec leur maître ? Cela vous serait bien facile. ”
“ J’imaginais que cela ne pouvait nuire beaucoup à Madame Linton, à moins que l’envie ne lui prit de défendre son hôte. Edgar Linton eut peine à m’écouter jusqu’au bout. — C’est intolérable, s’écria-t-il. Il est honteux qu’elle le reconnaisse pour ami et me force à subir sa compagnie. Appelez-moi deux hommes de l’écurie. Ellen. Catherine ne restera pas un moment de plus à causer avec ce bas ruffian ; j’en ai assez. Il descendit, et ordonnant aux domestiques d’attendre dans le passage, il entra avec moi dans la cuisine. ”
“ M. Green prit sur lui de donner tous les ordres dans la maison. Il congédia tous les domestiques, excepté moi. Il voulait pousser l'autorité qu'on lui avait déléguée jusqu'à insister pour qu'Edgar Linton ne fut pas enterré à côté de sa femme, mais avec sa famille, à la chapelle. Toutefois le testament, qui était formel là-dessus, et mes bruyantes protestations, finirent par avoir gain de cause. On pressa les funérailles. Catherine, désormais Madame Linton Heathcliff, était autorisée à rester à la Grange jusqu'à ce que le corps de son père en fût sorti. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Tandis qu’il suffoquait, Mr Linton sortit dans la cour par la porte de derrière et, de là, revint vers la porte de la façade. – Voilà ! vos visites ici sont terminées, s’écria Catherine. Partez, maintenant ; il va revenir avec une paire de pistolets et une demi-douzaine d’hommes de renfort. S’il a entendu notre conversation, il ne vous pardonnera certainement jamais. Vous m’avez joué un vilain tour, Heathcliff ! Mais partez... dépêchez-vous ! J’aimerais mieux voir Edgar aux abois que vous. – Pensez-vous que je vais m’en aller avec ce coup qui me brûle la gorge ? dit-il d’une voix tonnante. ”
“ M. Linton s’avança vers une fenêtre, donnant sur la cour. Il l’ouvrit, et s’appuyant sur le rebord, s’écria vivement : « Chérie, ne restez pas là debout, faites entrer cette personne, si c’est quelqu’un de particulier. » Quelques minutes après j’entendis soulever le loquet et Catherine s’élança, essoufflée et farouche, trop excitée pour montrer son contentement ; et en vérité, à voir sa figure, on aurait plutôt supposé quelque terrible calamité. — Oh ! Edgar, Edgar, gémit-elle, lui passant les bras autour du cou, oh Edgar, mon chéri ! C’est Heathcliff qui est revenu ; c’est lui. ”
“ Parce que, miss Catherine...—Lui tout à fait abandonné! Nous séparer! s'écria-t-elle d'un accent indigné; et qui donc pourra nous séparer, je vous prie? Non pas: aussi longtemps que je vivrai, Ellen, aucune créature mortelle n'y parviendra. Tous les Linton à la face du globe pourront s'anéantir avant que je consente à abandonner Heathcliff. Oh! ce n'est pas cela que j'entends, ce n'est pas cela que je veux dire! Je ne voudrais pas être Madame Linton à ce prix. Il sera autant pour moi qu'il a toujours été. Edgar devra se défaire de son antipathie, et le tolérer tout au moins. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ Je cherchai et découvris bientôt les trois pierres tombales sur la pente près de la lande : celle du milieu, grise et à moitié ensevelie sous la bruyère ; celle d’Edgar Linton, ornée seulement de l’herbe et de la mousse qui croissaient à son pied ; celle de Heathcliff encore nue.Je m’attardai autour de ces tombes, sous ce ciel si doux ; ”
“ Eh bien, si je ne peux pas garder Heathcliff pour ami, si Edgar veut être lâche et jaloux, j’essaierai de briser leurs cœurs en brisant le mien. Ce sera une prompte façon d’en finir, si je suis poussée à bout. Mais c’est une conduite à réserver pour un cas désespéré ; je ne voudrais pas prendre Linton par surprise. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Le troisième jour, Mrs Linton déverrouilla sa porte et, comme elle avait épuisé l’eau de sa cruche et de sa carafe, elle en demanda d’autre, ainsi qu’un bol de gruau, car elle se jugeait mourante. Je considérai ces propos comme destinés aux oreilles d’Edgar. Je n’en croyais pas un mot, de sorte que je les gardai pour moi et lui apportai un peu de thé et de pain grillé. Elle mangea et but avec avidité, puis retomba sur son oreiller, les poings serrés et en gémissant. – Oh ! je veux mourir, s’écria-t-elle, puisque personne ne s’intéresse à moi. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ Pour lui épargner la fatigue de monter et de descendre l’escalier, nous préparâmes celle-ci, où vous êtes à présent, au même étage que le petit salon ; et bientôt elle fut assez forte pour aller de l’une à l’autre, appuyée au bras d’Edgar. Ah ! me disais-je, elle devrait se rétablir, soignée comme elle l’est. Et il y avait une double raison de le souhaiter, car de son existence en dépendait une autre : nous nourrissions l’espoir que, dans peu de temps, la naissance d’un héritier réjouirait le cœur de Mr Linton et soustrairait ses biens à la griffe d’un étranger. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Pour vous débarrasser de moi, répondez à ma question, insista Mr Linton. Il faut que vous me répondiez ; et cette violence ne m’alarme pas. J’ai découvert que vous pouviez être aussi stoïque que n’importe qui quand cela vous plaît. Voulez vous désormais renoncer à Heathcliff, ou voulez-vous renoncer à moi ? Il est impossible que vous soyez à la fois mon amie et la sienne, et j’exige absolument que vous disiez qui vous choisissez. – J’exige que vous me laissiez seule ! s’écria Catherine avec fureur. Je le veux ! Ne voyez-vous pas que je puis à peine me soutenir ? Edgar, laissez... ”
“ Lui s’était retiré pour prier à part dans sa chambre ; et Monsieur et Madame Earnshaw occupaient l’attention de la demoiselle en lui montrant toutes sortes de petites babioles qu’ils avaient achetées pour qu’elle en fît présent aux Linton, en reconnaissance de leurs bontés. On avait invité Isabella et Edgar à passer la journée du lendemain à Wuthering Heights, et l’invitation avait été acceptée, à une seule condition : Madame Linton avait demandé que ses chéris eussent à être tenus soigneusement séparés de ce « misérable garçon mal embouché ». ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ que tu as l’air sinistre et de mauvaise humeur ! et que tu es drôle et vilain ! Mais c’est parce que je suis habituée à Edgar et à Isabelle Linton. Eh bien ! Heathcliff, m’as-tu oubliée ? ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ C’est plus joli que l’éclat du soleil. La semaine prochaine, si vous pouvez, nous descendrons à cheval jusqu’au parc de la Grange et nous essayerons ma journée. Linton ne paraissait pas se rappeler de quoi elle parlait, et il avait manifestement beaucoup de difficulté à soutenir une conversation quelconque. Son manque d’intérêt pour les sujets qu’elle abordait, comme son incapacité à contribuer à la distraire, étaient si évidents qu’elle ne put dissimuler son désappointement. Toute la personne et toutes les manières de son cousin avaient subi une transformation indéfinissable. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Je l’ai questionné deux fois, et chaque fois il a pris un air si stupide que je crois qu’il ne m’a pas comprise. En tout cas je le comprends à peine, lui ! Linton se remit à rire et jeta un coup d’œil sarcastique sur Hareton qui, en ce moment, ne paraissait certes pas tout à fait dénué de compréhension. – Ce n’est que de la paresse, n’est-ce pas, Earnshaw ? dit Linton. Ma cousine vous prend pour un idiot. Vous sentez maintenant ce qu’il en coûte de mépriser l’« éteude » des livres, comme vous diriez. Avez-vous remarqué, Catherine, sa terrible prononciation du Yorkshire ? ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ Non pas uniquement de chagrin ; pourtant j’étais bien affligée que Linton eût cette nature tourmentée. Jamais il ne laissera ses amis en paix et jamais il ne sera en paix lui-même !Depuis ce soir-là, je suis toujours allée dans son petit salon, car son père revint le lendemain. Trois fois environ, je crois, nous avons été gais et confiants comme le premier soir ; toutes mes autres visites ont été tristes et troublées, tantôt par son égoïsme et sa maussaderie, tantôt par ses souffrances ; mais j’ai appris à tout supporter avec une patience à peu près égale. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Catherine Linton (ce nom seul m’émeut) , ma bonne petite fille, je serai absent de chez moi toute la semaine. Allez voir si je n’ai pas dit la vérité ; allez-y, vous serez bien, gentille. Imaginez seulement que votre père soit à ma place, et Linton à la vôtre, pensez à l’opinion que vous auriez de votre insouciant amoureux s’il refusait de faire un pas pour vous réconforter, alors que votre père lui-même l’en supplierait ; et ne tombez pas, par pure stupidité, dans la même erreur. Je jure sur mon salut qu’il est en train de mourir et que vous seule pouvez le sauver. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ « Catherine Linton », répondit la voix en tremblant (pourquoi pensais-je à Linton ? J’avais lu Earnshaw vingt fois pour Linton une fois) . « Me voilà revenue à la maison : je m’étais perdue dans la lande ! » La voix parlait encore, quand je distinguai vaguement une figure d’enfant qui regardait à travers la fenêtre. La terreur me rendit cruel. Voyant qu’il était inutile d’essayer de me dégager de son étreinte, j’attirai son poignet sur la vitre brisée et le frottai dessus jusqu’à ce que le sang coulât et inondât les draps du lit. La voix gémissait toujours : « Laissez-moi entrer ! » ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Mrs Linton est à peine convalescente, dis-je. Elle ne sera jamais ce qu’elle était auparavant, mais sa vie est sauve. Si réellement vous lui portez intérêt, vous éviterez de vous trouver encore sur son chemin ; bien mieux, vous quitterez définitivement le pays ; et, afin que vous n’en puissiez avoir aucun regret, je vous dirai que Catherine Linton est aussi différente maintenant de votre ancienne amie Catherine Earnshaw que cette jeune dame est différente de moi. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ Vous figurez-vous qu’il pense à vous autant que vous pensez à lui ? N’a-t-il pas en Hareton un compagnon ? Il n’y a pas une personne sur cent qui pleurerait parce qu’elle perd une connaissance qu’elle a juste vue deux fois pendant deux après-midi. Linton devinera bien ce qu’il en est et ne s’inquiétera plus de vous. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ Je cherche un locataire pour la Grange, et j’ai besoin d’avoir mes enfants près de moi, bien certainement. De plus, cette jeune personne me doit ses services en échange de son pain. Je n’ai pas l’intention de l’entretenir dans le luxe et dans la paresse quand Linton ne sera plus là. Allons, dépêchez-vous de vous préparer et ne m’obligez pas de vous contraindre.– Je viendrai, dit Catherine. Linton est tout ce qui me reste à aimer au monde et, quoique vous n’ayez rien négligé pour nous rendre haïssables l’un à l’autre, vous ne pouvez pas nous forcer à nous haïr. ”
Voltaire,
Correspondance, I (1711-1735)
“ Il faudrait engager sa famille à lui mander de me venir trouver ; peut-être qu’un quart d’heure de conversation avec lui pourrait servir à éclairer monsieur le garde des sceaux, me raccommoder entièrement avec lui, et rendre à Jore sa maîtrise, en finissant un malentendu qui seul a été cause de tout le mal. À l’égard de Linant, j’ai vu une partie de sa pièce ; il n’y a rien qui ressemble à une tragédie : cela n’est pas présentable aux comédiens. S’il a compté sur cette pièce pour se procurer de l’argent et de la considération, on ne saurait être plus loin de son compte. ”
“ Madame Linton a parlé sévèrement, et pourtant je ne puis la contredire. Elle connait mieux son cœur que moi ou tout autre, et jamais elle ne consentirait à le représenter comme pire qu’il est. Des gens honnêtes ne cachent pas leurs actions. Comment a-t-il vécu ? Comment est-il devenu riche ? Pourquoi demeure-t-il à Wuthering Heights dans la maison d’un homme qu’il déteste ? On dit que M. Earnshaw va de mal en pis depuis qu’il est arrivé. Ils restent assis ensemble toute la nuit ; et Hindley a emprunté de l’argent sur ses terres, et ne fait rien que jouer et boire. ”
