“ Un sourire de dédain pour ses juges, un regard plein d’assurance à ceux de ses amis qu’il reconnut dans la salle, plein de haine quand il le dirigea vers James Burbank, telle fut son attitude, en attendant que le colonel Gardner procédât à l’interrogatoire. En présence de l’homme qui leur avait fait tant de mal, qui pouvait leur en faire tant encore, James Burbank, Gilbert, Mars, ne se maîtrisaient pas sans peine. ”
James Burbank
Définition et enjeux
Le thème de “James Burbank” a été abordé par des auteurs tels que Jules Verne. Il est souvent associé à des termes comme Jacksonville, Texar, Zermah, B ou Floride.
Citations sur “James Burbank”
“ Zermah, six ans après, était encore dans toute la maturité de sa beauté de métisse. Nature énergique, cœur dévoué à ses maîtres, elle avait eu plus d’une fois l’occasion — elle devait l’avoir dans la suite — de leur prouver son dévouement. Mars était digne de la femme à laquelle l’acte charitable de James Burbank l’avait pour jamais rattaché. ”
“ James Burbank n'ignorait rien de ce qui se passait au-dehors. Plusieurs de ses affidés, dont il était sûr, le tenaient au courant des mouvements qui se préparaient à Jacksonville. Il savait que Texar y avait reparu, que sa détestable influence s'étendait sur la basse population, comme lui d'origine espagnole. Un pareil homme à la tête de la ville, c'était une menace directe contre Camdless-Bay. Aussi, James Burbank se préparait-il à tout événement, soit pour une résistance, si elle était possible, soit pour une retraite, s'il fallait abandonner Castle-House à l'incendie et au pillage. ”
“ Pourquoi ne pas poursuivre Texar comme coupable d'avoir provoqué le pillage de Camdless-Bay, d'avoir enlevé?...— Pourquoi? répondit James Burbank. Parce que Texar est le maître maintenant, parce que tout ce qui est honnête tremble devant les coquins qui lui sont dévoués, parce que la populace est pour lui, et aussi les milices du comté!— Je tuerai Texar! répétait Mars, comme s'il eût été sous l'obsession d'une idée fixe.— Tu le tueras quand il en sera temps! répondit James Burbank. À présent, ce serait aggraver la situation. ”
“ Toutefois, il leur serait difficile de résister à cette partie de la population qui poussait au renversement des autorités de Jacksonville. Lorsque James Burbank parut sur la place, il fut aussitôt reconnu. Des cris violents éclatèrent. Ils ne lui étaient rien moins que favorables. Quelques courageux citoyens l’entourèrent. Ils ne voulaient pas qu’un homme honorable, estimé comme l’était le colon de Camdless-Bay, fut exposé sans défense aux brutalités de la foule. En obéissant à l’ordre qu’il avait reçu, James Burbank faisait preuve à la fois de dignité et de résolution. ”
“ De longue main, l’Espagnol avait préparé cette expédition qui devait entraîner la dévastation de Camdless-Bay, le pillage de Castle-House, la ruine de la famille Burbank, la capture ou la mort de son chef. C’est dans ce but qu’il venait de lancer ses hordes de pillards sur la plantation. Mais il ne s’était pas mis à leur tête, laissant aux plus forcenés de ses partisans le soin de les diriger. Ainsi s’expliquera-t-on que John Bruce, mêlé à la bande des assaillants, eût pu affirmer à James Burbank que Texar ne se trouvait pas avec eux. ”
“ On se figure aisément l’effet que cette révélation produisit sur James Burbank et les siens. Avec le renfort amené par le capitaine Howick, c’était la délivrance presque certaine de Dy et de Zermah, c’était la capture assurée de l’Espagnol et de ses complices, c’était l’immanquable châtiment qui punirait enfin tant de crimes. Aussi, que de bonnes poignées de main s’échangèrent entre les marins du détachement fédéral et les noirs amenés de Camdless-Bay, et comme les hurrahs retentirent avec entrain ! ”
“ Pendant la matinée, James Burbank, Walter Stannard et Edward Carrol allèrent, en break, visiter une partie de la plantation sur sa frontière septentrionale. Les esclaves vaquaient à leurs travaux habituels au milieu des rizières, des champs de caféiers et de cannes. Même empressement au travail dans les chantiers et les scieries. Le secret avait été bien gardé. Aucune communication n’avait pu s’établir encore entre Jacksonville et Camdless-Bay. Ceux qu’il intéressait d’une façon si directe, ne savaient rien du projet de James Burbank. ”
“ James Burbank ne s’était point mêlé à cette conversation. Il réfléchissait. Devant l’injonction qui lui était faite, il se demandait quel parti prendre. « Ainsi tu vas nous quitter, père ? » s’écria Dy. Refuser d’obéir, n’était-ce pas risquer de voir toute la populace de Jacksonville, avec l’approbation ouverte ou tacite des autorités, se précipiter sur Camdless-Bay ? Quels dangers courrait alors sa famille ? Non ! Il valait mieux n’exposer que sa personne. Dût sa vie ou sa liberté être en péril, il pouvait espérer que ce péril ne menacerait que lui seul. ”
“ Il vous faut fuir, dit James Burbank, fuir à l'instant! Soit que ces bandits pénètrent ici de vive force, soit qu'ils attendent au pied de Castle-House jusqu'à l'instant où nous serons obligés de nous rendre, il y a péril à rester! L'embarcation est prête! Il est temps de partir! Ma femme, Alice, je vous en supplie, suivez Zermah avec Dy au Roc-des-Cèdres! Là, vous serez en sûreté: et, si nous sommes forcés de fuir à notre tour, nous vous retrouverons, nous vous rejoindrons... ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ Mme Burbank et miss Alice avaient saisi par le bras, l'une, James Burbank, l'autre, M. Stannard, comme si le moment fut venu de s'enfuir hors de Castle-House. « Nous ferons tout au monde pour vous rejoindre quand la position ne sera plus tenable, répondit James Burbank. Mais il me faut cette promesse que, si le danger devient trop grand, vous irez vous mettre en sûreté dans cette retraite du Roc-des-Cèdres. Nous n'en aurons que plus de courage, plus d'audace aussi, pour repousser ces malfaiteurs et résister jusqu'à notre dernier coup de feu. » ”
“ La veille, en quittant Camdless-Bay, James Burbank avait surtout recommandé que sa femme ne fût point instruite de son départ pour Jacksonville. Il importait de lui cacher que le Comité eût donné l’ordre de le mettre en état d’arrestation. Mme Burbank l’ignorait donc, comme elle ignorait le sort de son fils, qu’elle devait croire à bord de la flottille. Comment la malheureuse femme eût-elle pu supporter ce double coup qui la frappait ? Son mari au pouvoir de Texar, son fils à la veille d’être exécuté ! Elle n’y eût point survécu. ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ Si James Burbank lui laissait le soin de tout réorganiser, c'est qu'il avait, lui, une autre tâche à remplir — celle de retrouver son enfant. Aussi, en prévision d'une campagne prochaine, réunissait-il tous les éléments de son expédition. Un détachement de douze noirs affranchis, choisis parmi les plus dévoués de la plantation, furent désignés pour l'accompagner dans ses recherches. On peut être sûr que ces braves gens s'y appliqueraient de cœur et d'âme. ”
“ Après que Mme Burbank eut été transportée dans sa chambre et déposée sur son lit, miss Alice était restée près d’elle. En bas, dans le hall, James Burbank et ses amis cherchaient à se concerter sur ce qu’il y aurait à faire pour retrouver Dy, pour l’arracher avec Zermah aux mains de Texar. Oui, sans doute, la dévouée métisse essayerait de défendre l’enfant jusqu’à la mort ! Mais, prisonnière d’un misérable animé d’une haine personnelle, n’allait-elle pas payer de sa vie les dénonciations qu’elle avait portées contre lui ? ”
“ Ainsi, au lieu d’une troupe de milices floridiennes que James Burbank et les siens croyaient avoir devant eux, au lieu d’une bande des partisans de Texar, c’étaient des amis qui leur arrivaient, c’étaient des compagnons d’armes, dont le renfort venait si à propos ! « Hurrah ! hurrah ! » s’écrièrent-ils avec une telle vigueur que tout le campement en fut réveillé. ”
“ Maintenant, ces gens, prêts à l’émeute, ayant tout à gagner dans les troubles, dominaient les autorités à Saint-Augustine et principalement à Jacksonville où ils s’appuyaient sur la plus vile populace. C’est pourquoi cette situation de James Burbank, dont on connaissait l’origine et les idées, pouvait à un certain moment devenir très inquiétante. Il y avait près de vingt ans que James Burbank, après avoir quitté le New-Jersey où il possédait encore quelques propriétés, était venu s’établir à Camdless-Bay avec sa femme et son fils âgé de quatre ans. ”
“ Cette lettre n’avait point été ouverte en l’absence de James Burbank. Étant donné la situation de celui qui l’écrivait et de celle de sa famille en Floride, Mme Burbank avait voulu que son mari fût le premier à connaître ce qu’elle contenait. ”
“ Faudrait-il abandonner Castle-House à ces forcenés, qui n’en laisseraient que des ruines ? Et pourtant, il n’y aurait que ce parti à prendre, si les assaillants parvenaient à forcer la porte, qui s’ébranlait déjà. James Burbank le sentait bien, mais il voulait attendre. Une diversion ne pouvait-elle à chaque instant se produire ? Maintenant, il n’y avait plus à craindre ni pour Mme Burbank, ni pour sa fille, ni pour Alice Stannard. Et des hommes se devaient à eux-mêmes de lutter jusqu’au bout contre ce ramas de meurtriers, d’incendiaires et de pillards. ”
“ Ces soins pris, James Burbank ne pouvait songer encore à la réorganisation de son domaine. Il fallait attendre que la question fût décidée entre le Sud et le Nord dans l’État de Floride. D’autres soucis, bien autrement graves, l’absorbaient jour et nuit. Tout ce qu’il était en son pouvoir de faire pour retrouver les traces de sa petite fille, il le faisait. En outre, la santé de Mme Burbank était très compromise. Bien que miss Alice ne la quittât pas d’un instant et la soignât avec une sollicitude filiale, il importait qu’un médecin fût appelé près d’elle. ”
“ Les magistrats de Jacksonville avaient repris leur autorité usurpée par Texar. Et, au moment où Mars et ses compagnons arrivaient devant la prison, James et Gilbert Burbank en sortaient, libres enfin.En un instant, le jeune lieutenant eut pressé Miss Alice sur son coeur, tandis que M. Stannard et James Burbank tombaient dans les bras l'un de l'autre.«Ma mère?... demanda Gilbert tout d'abord.— Elle vit... elle vit!... répondit Miss Alice.— Eh bien, à Castle-House! s'écria Gilbert. À Castle-House...— Pas avant que justice soit faite!» répondit James Burbank. ”
“ On ne semblait pas mettre en doute que le jeune homme ne fût à l’armée du Nord. Le refus de répondre à cet égard, n’était-ce pas un demi-aveu de la part de James Burbank ? Ce que furent alors les craintes, les angoisses de Mme Burbank, de miss Alice, de toute cette famille si menacée, cela n’est que trop aisé à comprendre. À défaut du fils qui leur échappait, les forcenés de Jacksonville ne s’en reprendraient-ils pas à son père ? Texar s’était vanté, sans doute, lorsqu’il avait promis de produire, sous quelques jours, une preuve de ce fait. ”
“ Gilbert et elle retrouvèrent James Burbank et ses amis qui n’avaient point quitté le hall. Mars, après être allé observer les environs de Castle-House, y rentrait à ce moment. « Il est l’heure de partir, dit-il. – Oui, Gilbert, répondit James Burbank. Pars donc !... Nous ne nous reverrons plus qu’à Jacksonville... – Oui ! à Jacksonville, et dès demain, si la marée nous permet de franchir la barre. Quant à Texar... – C’est vivant qu’il nous le faut !... Ne l’oublie pas, Gilbert ! – Oui !... Vivant !... » ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ Elle recula dès qu'elle se vit en face de cet homme. C'était une métisse, au service de la famille Burbank. Son premier mouvement avait été celui d'une invincible répulsion en se trouvant à l'improviste devant cet ennemi déclaré de son maître. Sans s'arrêter au mauvais regard que lui lança Texar, elle se rejeta de côté. Lui, haussant alors les épaules, se retourna vers ses compagnons. « Oui, c'est Zermah, s'écria-t-il, une des esclaves de ce James Burbank, qui prétend n'être pas partisan de l'esclavage! » ”
“ Et sur ce mot qui exprimait si bien le désir de tous, la famille se sépara, après que James Burbank eut fait prendre les mesures de sécurité qu'exigeaient les circonstances.La nuit se passa sans alerte. Le lendemain, James Burbank, levé dès l'aube, prit l'avenue de bambous qui conduit au petit port. Là, il donna ses ordres pour qu'une embarcation fût prête à huit heures, afin de le transporter de l'autre côté du fleuve.Comme il se dirigeait vers Castle-House, en revenant du pier, il fut accosté par Zermah. ”
“ « Oui ! Qu’ils cherchent, ils ne trouveront pas ! Dans quelques jours, du reste, James Burbank ne sera plus à craindre ! » Ce que signifiaient ces paroles, la métisse ne pouvait le comprendre. En tout cas, de la part de l’homme auquel obéissait le Comité de Jacksonville, ce devait être une redoutable menace. « Et maintenant, Squambô, j’ai besoin de toi pour une heure, dit alors l’Espagnol. — À vos ordres, maître. — Suis-moi ! » Un instant après, tous deux s’étaient retirés dans la chambre occupée par l’Indien. ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ Oui! Votre intérêt vous commande d'avoir pitié. Je ne parle pas pour moi, que mon mari ne retrouvera plus à son retour. Non! je ne parle que pour cette pauvre petite qui va mourir. Gardez-moi, si vous le voulez, mais renvoyez cette enfant à Camdless-Bay, rendez-la à sa mère. On ne vous demandera plus jamais compte du passé. Et même, si vous l'exigez, ce sera à prix d'or que l'on vous payera la liberté de cette petite fille, Texar, si je prends sur moi de vous parler ainsi, de vous proposer cet échange, c'est que je connais jusqu'au fond de leur cœur James Burbank et les siens. ”
“ «Vous prétendez que j'ai des intelligences avec l'ennemi? répondit James Burbank.— Oui, affirma Texar.— Précisez!... Je le veux!— Soit! reprit Texar. Il y a trois semaines environ, un émissaire, envoyé vers James Burbank, a quitté l'armée fédérale ou tout au moins la flottille du commodore Dupont. Cet homme est venu à Camdless-Bay, et il a été suivi depuis le moment où il a traversé la plantation jusqu'à la frontière de la Floride. — Le nierez-vous?»Il s'agissait évidemment là du messager qui avait apporté la lettre du jeune lieutenant. Les espions de Texar ne s'y étaient point trompés. ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ Puis, s'animant : « Mais les crimes de cet homme resteront donc sans cesse impunis!. Il se dérobera donc toujours !. En vérité, après avoir douté de la justice humaine c'est à douter de la justice du ciel. — James, dit Mme Burbank, au moment où nous ne pouvons plus compter peut-être que sur l'aide de Dieu, ne l'accuse pas. — Et mettons-nous sous sa garde ! » ajouta Alice Stannard. James Burbank, reprenant son sang-froid, s'occupa de donner des ordres pour la défense de Castle-House. ”
“ Ce fut sous l’abri de ces arbres que James Burbank et ses compagnons s’engagèrent un peu après le lever du jour. Le temps était magnifique. Nul orage à craindre, ce qui aurait pu changer le sol en un marais impraticable. Néanmoins il fallait choisir les passages, afin d’éviter les fondrières qui ne s’assèchent jamais. Fort heureusement, le long du Saint-John, dont la rive droite se trouve un peu en contre-haut, les difficultés devaient être moindres. À part le lit des ruisseaux qui se jettent dans le fleuve et que l’on devait contourner ou passer à gué, le retard fut sans importance. ”
“ James Burbank jugea donc qu’il n’avait point à revenir sur ce qui était fait. Tous furent de son avis. Et ils ne se trompaient pas, car, le lendemain, lorsque la nouvelle mesure décrétée par le comité de Jacksonville fut connue, les marques de dévouement, les témoignages de fidélité, éclatèrent de toutes parts à Camdless-Bay. Si Texar voulait mettre son arrêté à exécution, on résisterait. S’il voulait employer la force, c’est par la force qu’on saurait lui répondre. ”
