“ Parce que Texar est le maître maintenant, parce que tout ce qui est honnête tremble devant les coquins qui lui sont dévoués, parce que la populace est pour lui, et aussi les milices du comté ! — Je tuerai Texar ! répétait Mars, comme s’il eût été sous l’obsession d’une idée fixe. — Tu le tueras quand il en sera temps ! répondit James Burbank. À présent, ce serait aggraver la situation. — Et quand sera-t-il temps ?... demanda Gilbert. — Quand les fédéraux seront les maîtres de la Floride, lorsqu’ils auront occupé Jacksonville ! ”
Texar
Définition et enjeux
Citations sur “Texar”
“ Le fait n’en était pas moins absolument incompréhensible, comme tant d’autres qui se rapportaient à la vie privée de Texar. Il y avait encore là quelque inexplicable alibi, et on eût dit que l’Espagnol possédait véritablement le pouvoir de se dédoubler. Ce mystère s’éclaircirait-il ? on ne pouvait l’affirmer. Quoi qu’il en soit, il fallait s’emparer de Texar, et c’est à cela qu’allaient tendre les marins du capitaine Howick réunis aux compagnons de James Burbank. ”
“ Assurément, Texar, répondit Zermah en s'animant. La plantation de Camdless-Bay a été dévastée, Mme Burbank est mourante, peut- être morte au moment où je vous parle, sa fille a disparu, et son père chercherait vainement à retrouver ses traces. Tous ces crimes, Texar, ont été commis par vous, je le sais, moi! J'ai le droit de vous le dire en face. Mais prenez garde! Ces crimes se découvriront un jour. Eh bien, pensez au châtiment qui vous atteindra. Oui! Votre intérêt vous commande d'avoir pitié. ”
“ Vous le ferez quand l'armée fédérale sera maîtresse de la Floride! répliqua Texar. Il vous faut les soldats de Sherman et les marins de Dupont pour que vous ayez le courage d'accorder vos actes avec vos idées! C'est prudent, mais c'est lâche!— Lâche?... s'écria James Burbank, indigné, qui ne comprit pas que son adversaire lui tendait un piège.— Oui! lâche! répéta Texar. Voyons! Osez donc enfin mettre vos opinions en pratique! C'est à croire, en vérité, que vous ne cherchez qu'une popularité facile pour plaire aux gens du Nord! Oui! ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ L'Espagnol, qui venait d'allumer une cigarette, ne répondit pas. Aussi Zermah, après avoir attendu quelques instants, reprit-elle en ces termes : « Texar, voulez-vous me dire enfin ce que vous comptez faire de Dy Burbank? » Nulle réponse. « Je ne chercherai pas, ajouta la métisse, à vous apitoyer sur mon propre sort. Il ne s'agit que de cette enfant dont la vie est compromise, et qui vous échappera bientôt. » Devant cette affirmation, Texar fit un geste qui trahissait la plus absolue incrédulité. « Oui, bientôt, reprit Zermah. Si ce n'est pas par la fuite, ce sera par la mort! » ”
“ Texar, dit Gilbert, écoutez-moi. Nous venons agir franchement avec vous. Ce que vous avez fait à Jacksonville ne nous regarde pas. Ce que vous avez fait à Camdless-Bay, nous voulons l’oublier. Un seul point nous intéresse. Ma sœur et Zermah ont disparu pendant que vos partisans envahissaient la plantation et faisaient le siège de Castle-House. Il est certain que toutes deux ont été enlevées... — Enlevées ? répondit méchamment Texar. Eh ! je suis enchanté de l’apprendre ! — L’apprendre ? s’écria James Burbank. Niez-vous, misérable, osez-vous nier ?... ”
“ Comment aurait-on pu leur apprendre que c’était au fond de la Crique-Noire que se cachait l’Espagnol ? Personne ne le savait. Et d’ailleurs, pour mieux soustraire ses victimes à toutes les recherches, Texar n’avait-il pas dû les entraîner vers le haut cours du fleuve ? Le territoire n’était-il pas assez grand, n’y avait-il pas assez de retraites dans les vastes forêts du centre, au milieu des immenses marais du sud de la Floride, dans la région de ces inaccessibles Everglades, pour que Texar pût si bien y cacher ses deux victimes qu’on ne parviendrait pas à arriver jusqu’à elles ? ”
“ Néanmoins, si Texar était fort connu, bien que ce ne fût pas à son avantage, cela ne l’empêchait pas d’exercer une réelle influence dans le comté, et particulièrement à Jacksonville. Il est vrai, c’était sur la partie la moins recommandable de la population du chef-lieu. Il y allait souvent pour des affaires, dont il ne parlait pas. Il s’y était fait un grand nombre d’amis parmi les petits blancs et les plus détestables sujets de la ville. On l’a bien vu, lorsqu’il était revenu de Saint-Augustine en compagnie d’une demi-douzaine d’individus d’allure équivoque. ”
“ La chasse était un prétexte naturel à ces relations, qui s’établissent facilement entre gens de mêmes mœurs et mêmes goûts. D’autre part, cette influence s’était encore accrue depuis quelques années, grâce aux opinions dont Texar avait voulu se faire le plus ardent défenseur. À peine la question de l’esclavage avait-elle amené la scission entre les deux moitiés des États-Unis, que l’Espagnol s’était posé comme le plus opiniâtre, le plus résolu des esclavagistes. À l’entendre, aucun intérêt ne pouvait le guider, puisqu’il ne possédait qu’une demi-douzaine de noirs. ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ Le squif accosta. A la clarté du fanal attaché au bout de son étrave, on put voir l'homme qui la manœuvrait. C'était un Indien, noir de tignasse, nu jusqu'à la ceinture, — un homme solide, à en juger par le torse qu'il montrait aux lueurs du fanal. A ce moment, Texar se retourna vers ses compagnons et leur serra la main en disant un « au revoir » significatif. Après avoir jeté un regard menaçant du côté de M. Burbank, il descendit l'escalier, placé à l'arrière du tambour de la roue de babord, et rejoignit l'Indien Squambô. ”
“ Cependant, cette fortune après laquelle ils couraient depuis si longtemps, qu’ils voulaient acquérir à tout prix, cette fortune n’était pas faite, et il fallait la faire. C’est alors que ces deux aventuriers résolurent de mettre à profit leur extraordinaire ressemblance. En pareil cas, il arrive le plus souvent que ce phénomène se modifie lorsque les enfants sont devenus des hommes. Pour les Texar, il n’en fut pas ainsi. À mesure qu’ils prenaient de l’âge, leur ressemblance physique et morale, on ne dira pas s’accentuait, mais restait ce qu’elle avait été — absolue. ”
“ En effet, à la demande qui lui fut posée sur ce qu’il ferait de la métisse et de l’enfant, Texar répondit sans hésiter : « Je les emmènerai, s’il le faut, jusqu’aux îles de Bahama. — Cette petite fille pourra-t-elle supporter les fatigues de ce nouveau voyage ?... — Oui ! j’en réponds, et, d’ailleurs, Zermah saura bien les lui éviter pendant la route !... — Cependant, si cette enfant venait à mourir ?... — J’aime mieux la voir morte que de la rendre à son père ! — Ah ! tu hais bien ces Burbank !... — Autant que tu les hais toi-même ! » ”
“ C’est ainsi que, dans une attaque de nuit, quelque temps après leur arrivée en Floride, un des Texar eut la barbe brûlée par un coup de feu qui lui fut tiré à bout portant. Aussitôt, l’autre se hâta de raser sa barbe, afin d’être imberbe comme son frère. Et, l’on s’en souvient, ce fait a été mentionné à propos de celui des Texar qui se trouvait au fortin au début de cette histoire. Autre fait qui exige aussi une explication. On n’a pas oublié qu’une nuit, pendant qu’elle était encore à la Crique-Noire, Zermah vit l’Espagnol se faire tatouer le bras. Voici pourquoi. ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ Non, répondit M. Harvey. Les coquins y sont toujours les maîtres, et Texar les domine. Pourtant, devant les exactions et les menaces du Comité, les honnêtes gens frémissent d'indignation. Il ne faudrait qu'un mouvement des fédéraux sur le fleuve pour changer cet état de choses. Cette populace est lâche, en somme. Si elle prenait peur, Texar et ses partisans seraient aussitôt renversés. J'espère encore que le commandant Stevens pourra remonter la barre. ”
“ De son côté, l'Espagnol avait fait venir un certain nombre de témoins à Saint-Augustine. Or, ces témoins déclarèrent formellement que, ce soir-là, ils se trouvaient avec Texar, à Jacksonville, dans la «tienda» de Torillo, auberge assez mal famée mais fort connue. Texar ne les avait pas quittés de toute la soirée. ”
“ On verra ce que peuvent imaginer certains hommes, quand leur mauvaise nature, aidée d'une réelle intelligence, les pousse dans la voie du mal.Ces hommes, devant lesquels Zermah venait subitement d'apparaître, étaient deux frères, deux jumeaux.Où étaient-ils nés? Eux-mêmes ne le savaient pas au juste. Dans quelque petit village du Texas, sans doute — d'où ce nom de Texar, par changement de la dernière lettre du mot.On sait ce qu'est ce vaste territoire, situé au sud des États- Unis, sur le golfe du Mexique. ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ Se retournant vers l'Espagnol : « Vous êtes Texar, de la Crique-Noire? demanda-t-il. — Je n'ai pas à répondre, répliqua Texar. — James Burbank, le lieutenant Gilbert, Edward Carrol, Mars, vous connaissent et vous reconnaissent! — Soit ! — Vous allez être fusillé ! — Faites ! » Alors, à l'extrême surprise de tous ceux qui l'entendirent, la petite Dy, s'adressant à M. Burbank : « Père, dit-elle, ils sont deux frères. deux méchants hommes qui se ressemblent. — Deux hommes?. — Oui!. ma bonne Zermah m'a bien recommandé de te le dire!. » ”
“ Un physiologiste n’eût pas observé sans intérêt la figure ou plutôt l’attitude de Texar depuis son incarcération. Que l’Espagnol fût très irrité de ce que l’arrivée des troupes fédérales eût mis un terme à sa situation de premier magistrat de la ville, qu’il regrettât, avec le pouvoir de tout faire, dont il jouissait, la facilité de satisfaire ses haines personnelles, et qu’un retard de quelques heures ne lui eût pas permis de passer par les armes James et Gilbert Burbank, nul doute à cet égard. ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ Cette nuit, deux ou trois barques ont encore croisé sur le fleuve. Est-ce que l'on se douterait que monsieur Gilbert est parti pour prendre du service dans l'armée fédérale, qu'il est sous les ordres du commodore Dupont, qu'il peut être tenté de venir secrètement à Camdless-Bay? — Mon brave fils! répondit M. Burbank. Non ! Il a assez de raison pour ne pas commettre une pareille imprudence ! — Je crains bien que Texar n'ait quelque soupçon à ce sujet, reprit Zermah. On dit que son influence grandit chaque jour. Quand vous serez à Jacksonville, défiez-vous de Texar, maître. ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ Comment, s'écria Gilbert, c'est Texar, le chef de ces partisans que vous cherchez à atteindre? — Lui-même! Il est l'auteur du guet-apens de Kissimmee, de ce massacre accompli par une cinquantaine de coquins de son espèce qu'il commandait en personne, et, ainsi que nous l'avons appris à New-Smyrna, il s'est réfugié dans la région des Everglades. — Et si vous parvenez à vous emparer de ce misérable?. demanda Edward Carrol. ”
“ Une femme et un enfant ne pourraient donc que très difficilement s'en échapper. Au cas même où Zermah eût pu s'emparer d'une embarcation, comment fût-elle sortie de ces interminables détours? Ce qu'elle ignorait aussi, c'est que Texar et Squambô en connaissaient seuls les passes. Les Noirs, au service de l'Espagnol, ne quittaient pas le fortin. Ils n'en étaient jamais sortis. Ils ne savaient même pas où les gardait leur maître. Pour retrouver la rive du Saint-John, comme pour atteindre les marais qui confinent à la crique dans l'ouest, il eût fallu se fier au hasard. ”
Jules Verne,
Nord contre sud
(1887)
“ Qu'ils s'emparent des villes du comté, soit! Ils ne pourront les garder longtemps, puisqu'ils seront coupés de leurs communications avec la Géorgie ou les Carolines, et nous saurons bien les leur reprendre! — En attendant, répondit Texar, s'ils étaient maîtres de Jacksonville, ne fut-ce qu'un jour, il faudrait s'attendre à des représailles de leur part. Tous ces prétendus honnêtes gens, ces riches colons, ces anti-esclavagistes, reviendraient au pouvoir, et alors. Cela ne sera pas!. Non!.. Et plutôt que d'abandonner la ville. ”
“ En même temps, des chants, mêlés de cris, indiquaient que les scènes de plaisir ou d’orgie continuaient à troubler la ville. Texar et ses partisans croyaient-ils donc toujours à la défaite des nordistes en Virginie et à la retraite possible de la flottille fédérale ? ”
“ Les partisans, qui n’avaient point cherché un abri sous les arbres, occupaient alors les abords du wigwam. On les entendait aller et venir sur la berge, fumant ou causant. Or, sa tentative manquée, son projet découvert, Zermah se fût mise dans une situation pire, et eût peut-être attiré sur elle les violences de Texar. D’ailleurs, le lendemain, ne se présenterait-il pas quelque meilleure occasion de fuir ? L’Espagnol n’avait-il pas dit que ses compagnons, ses esclaves, même l’Indien Squambô, l’accompagneraient, afin d’observer la marche du détachement fédéral ? ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ Depuis, les Texiens, sans cesse inquiétés par les Mexicains, ont obtenu leur annexion aux États-Unis (1845) . Cette annexion donna lieu en 1846 et 1847 à une guerre avec les États-Unis, qui fut désastreuse pour le Mexique (V. ce nom) . En 1861, le Texas s’est rangé parmi les États séparatistes. — L’État est administré par un Sénat et une Chambre des représentants ; le pouvoir exécutif appartient à un président, élu pour 3 ans. — C’est au Texas qu’était le Champ d’asile, où le général Lallemant fonda, en 1817, une colonie de Français réfugiés. TEXEL (Le) , île du roy. ”
Philarète Chasles,
Moeurs et voyages, ou Récits du monde nouveau
(1855)
“ Saint-Louis, 12 août 1849. J'ai traversé le Texas, et je suis encore vivant, chose merveilleuse. Mais ce n'est pas la faute des habitants du pays. Le mot habitants d'ailleurs va mal à une population bizarre, mêlée, nomade, hétérogène, inouïe, composée de fugitifs, de sauvages, d'Américains, d'Espagnols, de Portugais, de métis, de Français, d'Allemands, et même d'Indiens et de nègres qui ont souvent eu quelques petits démêlés avec la justice. Tel est ce Texas auquel j'échappe. ”
Victor Considerant,
Au Texas
(1854)
“ Quant à la population blanche, bien qu'elle n'ait pas eu toujours l'origine la plus virginale, elle n'en est pas moins, en fait, une des bonnes des États, la population agricole surtout. La vie est si facile au Texas qu'on n'y voit pas un mendiant et qu'on n'y connaît d autres vols que ceux qui se pratiquent très-légalement dans tous les pays civilisés. Je ne veux pas dire que le Texas n'ait été le refuge de plus d'un scissionnaire ; mais je dis que le scissionnariat, passez-moi le mot, ne s'exerce pas au Texas. ”
Gustave Aimard,
Cardenio: Scènes de la Vie Mexicaine
“ CARDENIO I Où le lecteur fait connaissance avec l'abbé Paul-Michel Lamy, curé de Castroville, et avec son sacristain Frasquito d'Assis.Le Texas, qui fait aujourd'hui partie de la Confédération des États-Unis du Nord, auxquels il s'est librement donné après s'être, en 1845, séparé du Mexique, est encore, à l'heure où nous écrivons ces pages, une des contrées les moins connues de l'Amérique.Son nom est indien; il signifie, dans la langue aztèque, lieu abondant en gibier. Hâtons-nous de constater que ce nom est mérité; peu de pays possèdent des chasses aussi riches. ”
Frédéric Leclerc,
Revue des Deux Mondes
“ Aussi, à la fin de 1829, et pendant les premiers mois de 1830, l’idée d’acquérir le Texas devint-elle très populaire dans le Tennessee, le Missouri, l’Arkansas, la Caroline du sud, la Virginie, et généralement dans tous les états à esclaves. Le bruit s’étant répandu alors que M. Poinsett, ministre des États-Unis à Mexico, négociait avec le gouvernement de cette république pour l’acquisition du Texas, les journaux de Baltimore, de Saint-Louis, de Charleston, s’emparèrent de la question, et favorisèrent ce projet avec une ardeur extraordinaire. ”
