Auteur : Henry Lapauze

Élements biographiques

Auteur : Henry Lapauze Revue des Deux Mondes

La plupart des artistes français de la Révolution, gagnés par le vertige de liberté qui emportait les esprits, résolurent d’affranchir leurs travaux de la tutelle académique. L’oppression d’un joug leur parut plus intolérable qu’ailleurs sur le domaine du génie et de la beauté : ils poursuivirent donc, avec opiniâtreté, la suppression de l’Académie royale de peinture. Mais, si le génie et la beauté se peuvent passer de lois, ils ne pouvaient, au gré de ceux qui croyaient les détenir, se passer d’encouragemens, d’appui, de récompenses.
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Auteur : Henry Lapauze Revue des Deux Mondes

On ne les aime pas, à la Société Populaire et Républicaine des Arts ! Wicar surtout leur a voué une haine mortelle : ne demandait-il pas pour eux la guillotine ? Aussi, quand les peintres de fleurs et de genre réclament leur part des travaux de la Convention, on leur répond que ce sont des artistes de « pure fantaisie » et que les encouragemens de la nation ne doivent être réservés qu’à « ceux qui, par leur crayon et les sujets qu’ils représentent, peuvent affirmer notre Révolution en propageant les belles actions et enfin toutes les vertus. »
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Auteur : Henry Lapauze Revue des Deux Mondes

« Puisque nous ne pouvons être qu’une Académie, » proclamèrent les rêveurs déçus, « rappelons les académiciens qui nous précédèrent. » Et ainsi firent-ils. Car, éclairés par leur erreur et sincères avec eux-mêmes, ils apercevaient en toute évidence, sur le domaine de l’art, ce qu’on ne devait pas découvrir de sitôt sur le domaine politique : à savoir que la tyrannie d’une foule ignorante est autrement oppressive que l’oligarchie d’une élite, et conduit fatalement, du reste, à l’autocratie.
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