Martial-H.-J. Guillemon

Élements biographiques

Martial-H.-J. Guillemon L'Homme sans asile, par M. Guillemon (1845)

Permettez-moi d'exposer devant vous toute ma pensée sur cette grande institution de la peine de mort, en parlant comme si j'étais seul.
Le criminel est un être qui s'isole, qui se soustrait à l'autorité générale, qui devient rebelle à la providence sociale, qui refuse les conditions de son existence. Celui qui se détermine au crime, au moment où il prend sa fatale résolution, accomplit sur soi-même une sorte de suicide, il tue en soi l'être social, l'être humain. La société, ne sachant que faire de ce qui reste, le supprime.
Source : Gallica

Martial-H.-J. Guillemon L'Homme sans asile, par M. Guillemon (1845)

Vincent de Paule, ce héros, cet homme-Christ, n'eût pas douté de la vérité renfermée dans ces paroles du saint vieillard : Pendant vingt ans j'épousai le crime de mes frères, et ce crime fut toujours aboli...
Il ne suffit plus de dire que le coupable a droit à la peine, c'est-à-dire à l'expiation. Quand un crime est commis, la société tout entière est solidaire de ce crime, devant le dogme de la fraternité; il faut donc que la société s'expie, elle aussi, qu'elle se répare. Elle ne peut se réparer que par la charité et l'amour.
Source : Gallica

Martial-H.-J. Guillemon L'Homme sans asile, par M. Guillemon (1845)

L'heure du revoir après le labeur me pénètre d'une inexprimable douceur ; je participe à je ne sais quelle sérénité confiante, puisée dans la sollicitude, mutuelle, dans la fraternité secourable, dans la sainte joie de la tâche accomplie. Je sens alors que le travail quotidien, en vue des enfants, fortifie la volonté, élargit le coeur ; je sens que l'homme du peuple, en travaillant pour son père, pour sa mère, pour sa soeur, pour sa femme, pour son enfant, se forme à l'amour passionné de la patrie, au véritable amour de Dieu.
Source : Gallica

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