Poujoulat

Élements biographiques

Poujoulat Revue des Deux Mondes

Dimitri, je ne vous maudis point, quoique vous appeliez Eudoxie votre femme ; vous avez fait pour elle tout ce qu’on pouvait attendre de vous : mère d’Eudoxie, je ne vous maudis point ; en mariant votre fille, vous ne croyiez point travailler à sa ruine. Mais tous les maux d’Eudoxie vont finir ; je l’aime, et désormais je défie le malheur de l’atteindre ; un jeune homme qui aime bien devient le dieu sauveur de la femme qu’il aime. Ô mon Eudoxie ! j’ôterai de ton chemin les pierres qui pourraient te meurtrir le pied
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Poujoulat Revue des Deux Mondes

Quoiqu’il se trouve parmi la peuplade ansarienne une secte pour qui la femme est un objet d’adoration, la femme n’est comptée pour rien dans cet étrange royaume. Ce n’est point à la noble et douce compagne de l’homme que les Kadmousié rendent hommage ; ce qu’ils adorent, ce n’est point la femme avec ses enivrantes séductions, la femme née d’une pensée d’amour pour aider l’habitant de la terre à supporter ses maux ; les Ansariens adorent simplement en elle l’instrument sacré dont Dieu se sert pour multiplier la race humaine.
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Poujoulat Revue des Deux Mondes

Que Dieu bénisse Dimitri, et qu’il accorde à notre amour un long avenir !
Il y avait quelques mois qu’Eudoxie et Guéorguious goûtaient toutes les félicités de l’amour, lorsque la peste fut signalée à Lattaquié ; on sait que rarement une année s’écoule sans que la peste descende sur les côtes de Syrie. Chaque maison, chaque famille chrétienne redoutait le fléau qui venait de s’abattre sur la cité ; on s’enfermait, on s’entourait de précautions, car les chrétiens orientaux ne sont pas comme les musulmans qui se fient à la seule Providence pour échapper à la peste.
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