Georges Saint-René Taillandier

Élements biographiques

Georges Saint-René Taillandier Revue des Deux Mondes

Car il est un pays au monde où, de temps immémorial, la France est aimée d’une affection reconnaissante, où la prédilection générale dont elle y est l’objet atteint, dans certains centres, la ferveur d’un culte. C’est le pays où, dès sa jeunesse héroïque et naïve, elle a été conduite par un élan religieux, entraînant avec elle la chrétienté dont elle a si bien pris la tête que le nom de France en est resté aux Européens, le non de religion franque à la religion des Européens. Ce pays est un des plus beaux de la terre.
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Georges Saint-René Taillandier Revue des Deux Mondes

L’esprit théocratique, ce mauvais génie de l’Orient, trop bien représenté par les Turcs, n’a pas laissé cette société se former. Il a tout ramené à la religion, comme au seul lien qui unit les hommes. Il a mis à part les uns des autres les musulmans, les juifs, les chrétiens, et dans la chrétienté même les Maronites, les Grecs-orthodoxes, les Grecs-unis. Il a réparti les trois millions d’habitants de la Syrie en huit ou dix communautés fermées. Il a, peu s’en faut, rendu étrangers l’un à l’autre deux villages voisins, si l’un est de rite grec, l’autre de rite maronite.
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Georges Saint-René Taillandier Revue des Deux Mondes

Ainsi doit s’expliquer le fait, en lui-même indéniable, que le régime politique institué en Syrie par nos Français aux XIIe et XIIIe siècles et qui s’est prolongé, en Chypre et à Rhodes, jusqu’au seuil des temps modernes, a laissé en ces pays un tout autre souvenir que celui d’une domination fanatique. Les églises qui s’élevèrent ne firent point fermer les écoles coraniques. Les Assises de Jérusalem définirent les droits de chacun. Les marchands de toutes religions frayèrent ensemble sur les mêmes marchés et s’enrichirent mutuellement par un négoce qui mêlait l’Occident à l’Orient.
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