Résumé

A. Bossert Un Salon allemand au temps du romantisme

Ce qui plaide en faveur de Gentz, c’est qu’il eut des amis qui valaient mieux que lui. De ce nombre est le prince Louis-Ferdinand, un neveu de Frédéric II, le chef du parti de la guerre à la cour de Prusse, une âme héroïque, qui, en d’autres temps, aurait pu accomplir de grandes choses, mais qui usa son énergie dans des exploits stériles. Il avait vingt-huit ans, lorsqu’il se présenta, en 1800, dans le salon de Rahel, et ce ne fut pas la moindre curiosité de ce salon que de voir un prince du sang, proche parent du roi, s’asseoir à côté de la petite Juive, à peine émancipée du ghetto.
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A. Bossert Un Salon allemand au temps du romantisme

Un témoin inconnu, cité par Varnhagen, nous fait assister à une entrée de Bettina dans le salon de Rahel. Il est près de minuit, et les invités commencent à se retirer, lorsqu’on annonce encore le prince de Puckler-Muskau. L’étonnement est général, car on sait que le prince est absent de Berlin. La porte s’ouvre, ou plutôt s’entr’ouvre, et l’on voit apparaître une figure malicieuse, sur laquelle s’épanouit un éclat de rire. C’est Bettina, qui s’amuse d’abord de l’effet que sa mystification a produit.
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A. Bossert Un Salon allemand au temps du romantisme

« Vous avez parfois une si mauvaise société et qui ne me dit absolument rien. — C’est votre faute, répliqua-t-elle. Il n’y a pas un homme dont le sage ne puisse tirer quelque chose, à sa manière, bien entendu. Seriez-vous si savant, si vous n’aviez lu tant de mauvais livres ? Demandez à Brinckmann : je lui ai appris à feuilleter les hommes. » Les habitués de son salon, c’était sa bibliothèque, disait-elle.
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