Delphine de Girardin

Delphine de Girardin

Résumé

Portrait de Delphine de Girardin Delphine de Girardin Mme de Girardin

Edgard est, sans contredit, un homme supérieur, d’un talent admirable, je juge qu’il est séduisant, la belle marquise de R... l’a prouvé ; mais moi, je ne reconnais pas, dans son amour, cette idéalité que je rêve. Ce n’est pas le regard qu’il aime dans les yeux, c’est la forme pure des paupières, c’est la limpidité des prunelles ; ce n’est pas la finesse et la grâce qui lui plaisent dans un sourire, c’est la correction des contours, c’est la teinte pourpre des lèvres ; enfin, pour lui, la beauté de l’âme n’ajoute rien à la beauté.
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Portrait de Delphine de Girardin Delphine de Girardin Mme de Girardin

De là chez les enfants, chez Delphine surtout, la plus richement douée, cet épanouissement, cette joie de vivre. Avec sa beauté et ce qu’elle promettait de talent, elle ne fut jamais que fêtée. Cela pouvait être dangereux pour elle ; par bonheur, sa noble nature, naïve et fière, n’était pas sensible à la vanité. Elle nourrissait bien d’autres rêves ; et ces rêves, confus encore mais grands et purs, la préservaient.
Et puis, à certains égards, elle trouvait chez sa mère de beaux exemples. Mme Gay ne vivait pas uniquement la vie factice des salons.
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Portrait de Delphine de Girardin Delphine de Girardin Mme de Girardin

Quoi qu’il en soit, d’un bout à l’autre de sa carrière, elle est railleuse, preste, de tour enjoué.
Par son père, Mme Gay était donc Française au sens le plus brillant du mot ; mais par sa mère, Francesca Peretti, elle avait du sang italien. Chez ses ancêtres florentins elle avait pris, avec la beauté, la flamme du cœur, la passion des arts. Elle jouait de la harpe en virtuose « comme si elle n’eût pas eu le plus joli bras du monde » ; elle chantait, elle avait un talent d’accompagnatrice.
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