Adolphe Fabre, Obsèques de Charles Reynaud. [Signé… (1853)
“ Un murmure, une poésie Inondaient leur âme choisie D'un ravissement sans pareil. Serrons-nous ; — la mort fait un vide Que nous ne remplirons jamais. Ainsi, quand la cognée avide Découronne les verts sommets, Le peuplier qu'elle désigne Tombe, et disparaît de la ligne Qui s'élançait à l'horizon ; Sa racine a séché la terre, Et sur sa place solitaire Rien ne pousse, que du gazon. — 41 — Aimons-nous ; — un ami qui tombe Fait mieux comprendre l'amitié ; Aimons-nous avant que la tombe Ne s'ouvre encor sous notre pié. Ah! c'est à cette heure suprême Que l'on sait à quel point on aime! ”
