Charles Boutard

Résumé

Charles Boutard Revue des Deux Mondes

S’il avait espéré trouver la paix dans la solitude, il ne tarda pas à s’apercevoir qu’il s’était trompé. Dès qu’il fut seul, en face de lui-même, l’ennui le ressaisit et le plongea dans une tristesse plus sombre et plus désolée que jamais. Rien de monotone comme la correspondance de Lamennais dans cette phase douloureuse de sa vie. C’est la plainte émouvante d’une âme qui, douée des plus hautes facultés, se cherche encore elle-même, en proie à toutes les angoisses de l’esprit et du cœur.
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Charles Boutard Revue des Deux Mondes

Dès ce jour, une tristesse mortelle s’empara de lui, avec une effroyable lassitude et un amer dégoût de toutes choses. Loin de s’alarmer d’un pareil état, l’abbé Teysseyrre en triomphait. Son jugement faussé par un excès de mysticisme n’y voyait qu’une faveur extraordinaire accordée à l’élu de Dieu, tout au plus une épreuve passagère, et comme une dernière préparation aux délices du pur amour. « Votre frère, écrivait-il à l’abbé Jean, a reçu le sous-diaconat en victime. C’est encore en victime qu’il va recevoir le diaconat et le sacerdoce [24] . »
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Charles Boutard Revue des Deux Mondes

Toute vie humaine est un champ infini ouvert aux hypothèses ; mais les hypothèses ont en pareille matière une base bien fragile. Si, lorsqu’il traversait une crise si aiguë, Lamennais eût rencontré une âme, sœur de la sienne, riche des dons les plus rares de l’esprit et du cœur, « unissant à la piété, la charité, l’intelligence, et la science [13] , » douée de cet attrait inexprimable qu’ajoutent aux qualités intérieures la grâce et la beauté, eût-il résisté au charme ?
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