Charles Lévêque

Résumé

Charles Lévêque Revue des Deux Mondes

L’art est l’expression de la belle nature au moyen des formes qui l’interprètent le mieux. Le beau est donc le principal, sinon l’unique objet de l’art. Or le risible, le ridicule, le comique, sont incontestablement la négation partielle d’une des espèces de la beauté, que la beauté niée soit intellectuelle, ou morale, ou seulement physique. Comment l’art, qui se propose d’exprimer le beau, accueillerait-il ces négations de son objet propre ? Tel est le problème. Et quelle science le résoudra, si l’esthétique en est incapable ?
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Charles Lévêque Revue des Deux Mondes

Dieu a le pouvoir de produire l’intelligence. Quand on dit : Dieu n’est pas l’âme, c’est comme si l’on disait : Dieu a le pouvoir de produire l’âme. Si Dieu était quelque chose, il ne produirait aucune chose. Le manque, le défaut dans le premier principe est, dit encore Proclus, le signe non certes de l’infériorité et de la privation, mais au contraire de la prééminence. Ainsi Dieu ne sera rien de ce qu’on affirme des créatures, en vertu de ce principe que tout producteur doit être supérieur à son produit, toute cause supérieure à son effet.
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Charles Lévêque Revue des Deux Mondes

L’univers est le rire de Dieu, et le rire est l’univers de celui qui rit. Celui qui rit s’élève jusqu’à Dieu ; il devient créateur en petit d’une création gaie, destructeur du rien, contradicteur de la contradiction... C’est alors que l’idée du rien avorte chez lui dans le sentiment du tout, de la liberté illimitée, de la subjectivité qui se sent comme perfection. Dans et avec ce sentiment de la perfection subjective, il s’élance hors du point mathématique, de ce point central de l’objet comique, et ce saut, c’est le rire...
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