Résumé

Daniel Heinsius Éloge du pou, traduit du latin par Victor Develay (1870)

Platon l'a démontré dans son Ménexène; notre accusé n'est originaire ni d'Athènes ni de Rome, deux villes dont de grands orateurs ont célébré les louanges à satiété ; l'homme est la patrie du pou. Il serait absurde et insensé de faire ressortir la gloire et les avantages d'une telle origine. De même que l'homme seul est doué de la raison, la raison a établi son siége dans la partie la plus noble et la plus élevée du corps humain, c'est-à-dire la tête. Le pou l'a choisie à bon
droit comme une citadelle qui, assurément, n'est point à dédaigner.
Source : Gallica

Daniel Heinsius Éloge du pou, traduit du latin par Victor Develay (1870)

Quel est l'homme assez dépourvu de bon sens pour ne pas reconnaître la preuve de cette influence dans la cause de l'accusé ?
Le pou, cet animal fameux que tout le monde connaît, cet hôte domestique de l'homme,
né de l'homme qui l'a engendré, nourri dans ses foyers, qui partage sa fortune, ses pénates, tout ce que sa famille a de sacré, votre compagnon le plus fidèle, on se plaît à l'écraser, on le couvre jusqu'à présent du plus profond mépris, on ne lui interdit pas seulement la terre et l'eau, on le chasse du seul asile où il puisse vivre et prospérer, du corps humain.
Source : Gallica

Daniel Heinsius Éloge du pou, traduit du latin par Victor Develay (1870)

S'il frappait les yeux et que vous pussiez apercevoir je ne dis pas son corps, mais chacun de ses membres, et notamment ses pattes, vous verriez immédiatement le crochet pointu et léger des atomes.
Le pou a adopté un genre de vie calme et tranquille. Il ne vole pas comme l'oiseau, il ne saute pas comme la puce; il est grave et posé comme l'exige la dignité de sa vie. Il marche d'un pas
lent et mesuré, et ce qu'il paraît estimer surtout dans la philosophie, c'est le silence de Pythagore.
Source : Gallica

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