Diderot, Daubenton, L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Mais est-il bien constant qu’il n’y a point d’animaux, sans ce que nous appellons le sentiment ; ou plûtôt, si nous en croyons les Cartésiens, y a-t-il d’autres animaux que nous qui ayent du sentiment. Les bétes, disent-ils, en donnent les signes, mais l’homme seul a la chose. D’ailleurs, l’homme lui-même ne perd-t-il pas quelquefois le sentiment, sans cesser de vivre ou d’être un animal ? Alors le pouls bat, la circulation du sang s’exécute, toutes les fonctions animales se font ; mais l’homme ne sent ni lui-même, ni les autres êtres : qu’est-ce alors que l’homme ? ”
