Diderot, Daubenton

Résumé

Diderot, Daubenton L’Encyclopédie, 1re éd.

Mais est-il bien constant qu’il n’y a point d’animaux, sans ce que nous appellons le sentiment ; ou plûtôt, si nous en croyons les Cartésiens, y a-t-il d’autres animaux que nous qui ayent du sentiment. Les bétes, disent-ils, en donnent les signes, mais l’homme seul a la chose. D’ailleurs, l’homme lui-même ne perd-t-il pas quelquefois le sentiment, sans cesser de vivre ou d’être un animal ? Alors le pouls bat, la circulation du sang s’exécute, toutes les fonctions animales se font ; mais l’homme ne sent ni lui-même, ni les autres êtres : qu’est-ce alors que l’homme ?
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Diderot, Daubenton L’Encyclopédie, 1re éd.

L’animal réunit toutes les puissances de la nature ; les sources qui l’animent lui sont propres & particulieres ; il veut, il agit, il se détermine, il opere, il communique par ses sens avec les objets les plus éloignés ; son individu est un centre où tout se rapporte ; un point où l’univers entier se réfléchit ; un monde en racourci. Voilà les rapports qui lui sont propres : ceux qui lui sont communs avec les végétaux, sont les facultés de croître, de se développer, de se reproduire, de se multiplier.
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Diderot, Daubenton L’Encyclopédie, 1re éd.

Le minéral n’est qu’une matiere brute, insensible, n’agissant que par la contrainte des lois de la méchanique, n’obéissant qu’à la force généralement répandue dans l’univers, sans organisation, sans puissance, dénuée de toutes facultés, même de celle de se reproduire ; substance informe, faite pour être foulée aux piés par les hommes & les animaux, laquelle malgré le nom de métal précieux, n’en est pas moins méprisée par le sage, & ne peut avoir qu’une valeur arbitraire, toûjours subordonnée à la volonté, & toûjours dépendante de la convention des hommes.
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