Résumé

Delly La porte scellée : roman (1975)

D'une voix plus basse, Gilberte reprit :
— Je le sais, moi. C'est pourquoi je voudrais t'épargner ces tortures. Reste fidèle à ton devoir, ma fille, quoi qu'il t'en coûte ? Sacrifie l'orgueil, sacrifie l'amour, si celui-ci va à l'encontre d'une loi divine, car l'orgueil, l'amour coupable, et toutes nos passions, ne nous paraissent plus que lamentables misères, à l'heure de la mort, et nous préparent les plus affreux regrets.
Encore un long silence. Micheline, se soulevant un peu, appuyait ses lèvres fraîches sur
la joue brûlante de sa mère.
Source : Gallica

Delly La porte scellée : roman (1975)

Mais parlons d'autre chose, Denise ! Je le vois, tu es triste, nerveuse. Il faut réagir, être plus forte... plus forte que je ne l'ai été.
Denise frappa le tapis de son pied élégamment chaussé.
— Non, je n'en aurai pas la patience ! Je ferai comme toi, Gilberte. Nous n'avons qu'une vie, il faut la passer le moins durement possible et y chercher avant tout notre bonheur.
Gilberte répéta lentement :
— Nous n'avons qu'une vie !
Ses mains se joignirent sur la fourrure qui tombait de ses épaules, et sa tête se pencha pendant quelques secondes, comme sous un poids trop lourd.
Source : Gallica

Delly La porte scellée : roman (1975)

L'Angelus tintait au clocher de Saint-Denis, Gilberte reconnut la voix de « la Belle d'Argent », plus fêlée que l'autre.
Ah ! ces chers Angelus de Rochegayde ! Comment avait-elle pu les oublier ? Comment leur souvenir ne l'avait-il pas gardée, à l'heure où, « comme un lion rugissant », l'infernal tentateur cherchait son âme pour la dévorer ?
Elle prêta plus attentivement l'oreille. Maintenant, « la Bienvenue » faisait entendre sa voix profonde, sa belle voix sonore de vieux bronze. Elle frappait un glas. Au bas de la rue des Chanoines, un vieillard était mort, hier matin, subitement.
Source : Gallica

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