Résumé

Déjeuner en l'honneur de Mme Julia Bartet… (1920)

Si vous restez sourde aux appels du public, de vos amis, de la Comédie-Française, si, au zénith de votre carrière, il vous plaît de disparaître, nous vous payerons aujourd'hui notre tribut d'admiration & de reconnaissance.
Nous donnerons notre applaudissement suprême à l'adrice qui n'a pas voulu qu'on l'ensevelît dans les funérailles solennelles d'une représentation de retraite, mais qui, comme dans une apothéose, aura disparu aux regards étonnés des mortels. Ainsi, celle qu'on avait surnommée « la Divine» aura gardé jusqu'au bout quelque chose d'une divinité.
Source : Gallica

Déjeuner en l'honneur de Mme Julia Bartet… (1920)

Je ne me suis permis de les invoquer, Madame, que pour admirer en vous l'harmonieux accord du talent & de l'âme, de la vocation & de la personnalité. Vous avez voué & subordonné votre vie à l'art — à l'art entendu par ses côtés les plus nobles — & votre vie en a reçu comme une noblesse de manière & de style qui devait s'opposer aux excentricités bruyantes où triomphe aisément la médiocrité! En célébrant la parfaite sociétaire que vous fûtes, je n'oubliais pas l'inimitable Bérénice que vous restez.
Source : Gallica

Déjeuner en l'honneur de Mme Julia Bartet… (1920)

C'est d'abord, Madame, une gratitude infinie pour avoir consacré à la Comédie-Française votre vie entière & toutes les ressources de votre pur & tendre génie.
Tandis que d'autres, vite lassés du joug & de la règle, se sont évadés de la Maison de Molière pour courir le monde, vous êtes restée fidèle au théâtre qui vous accueillit presque à vos débuts. Au sort des comètes errantes, vous avez préféré la destinée d'une belle étoile fixe, attachée à sa constellation
& qu'on sait toujours où trouver en regardant le ciel.
Source : Gallica

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