Edouard Corbière,
Les Aspirans de marine, volume 2
“ Malheureuse Juliette ! elle ne revint à la vie que pour éprouver tout ce que le délire des sens a de plus torturant, tout ce que l’agonie de l’âme et du cœur a de plus épouvantable... Attaché pendant deux jours et deux nuits au chevet de son lit de mort, il me fallut boire pour ainsi dire goutte à goutte, sans expirer avec elle, le fond du calice d’amertume et d’horreur de ses derniers momens... Vois, s’écriait-elle, en me serrant avec frénésie dans ses bras décharnés, et en pressant sur ma poitrine son sein exalté par l’excès de la douleur, vois si je t’ai trompé... ”
