Résumé

Portrait de Ernest Legouvé Ernest Legouvé Deux épées brisées (Bertrand-Robert… (1876)

Dans son troisième duel, il eut pour adversaire Toire. Les vieux amateurs se rappellent tous le petit Toire ; Toire le pompier, Toire l'Auvergnat, Toire l'héroïque, Toire l'ivrogne ; et il était impossible d'être plus ivrogne, plus héroïque et plus Auvergnat. Un jeu rude, lourd, vigoureux, irrégulier, affreux, mais très-difficile, comme son langage. On avait autant de peine à se reconnaître dans ses coups que dans ses phrases. Il baragouinait de l'épée comme de la langue. Ne s'avise-t-il pas un jour de dire qu'il n'avait pas peur de Bertrand !
Source : Gallica

Portrait de Ernest Legouvé Ernest Legouvé Deux épées brisées (Bertrand-Robert… (1876)

La nouvelle que Bertrand, octogénaire, n'était plus, me frappa comme un coup de foudre. Je le croyais invincible. Il me semblait que la mort ne pouvait pas le toucher. Quant à Robert, quoiqu'il fut bien jeune encore, quarantesix ans à peine, je le sentais atteint. Un matin, cet hiver, dans notre assaut habituel, j'avais eu l'avantage sur lui. Je remontai chez moi, plein de tristesse, en me disant : « Robert est perdu ! » Trois mois après, il
tombait sur le champ de bataille, un fleuret à la main.
Source : Gallica

Portrait de Ernest Legouvé Ernest Legouvé Deux épées brisées (Bertrand-Robert… (1876)

Le public était plus irrité et se sentait plus insulté que les insultés eux-mêmes. Enfin, le bruit s'apaise, les assauts recommencent et Bertrand, à son tour, reparait en scène. De toutes parts éclatent des murmures, soudain couverts par une explosion de bravos au moment où son adversaire fait son entrée. L'assaut commence, Bertrand était très-pâle ; il touche le premier coup par une riposte admirable : silence complet. Il touche le second coup par un dégagement de vitesse: silence complet.
Source : Gallica

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