Ernest Tissot

Résumé

Ernest Tissot Princesses de lettres

Dans son salon d’été aux portes-fenêtres ouvrant sur un jardin barré par l’énorme aqueduc de Marly, — cette ombre historique rendant ces lieux tout à fait dignes d’inspirer une historienne, — dans son salon d’angle parisien, où il y a plus de livres que de fleurs, et dont l’intimité silencieuse révèle une carrière de labeur, de dignité, — je n’ai jamais pu apercevoir la femme élancée, aux yeux ironiques, à la voix musicale, qui rendit célèbre ce pseudonyme d’Arvède Barine, sans penser immédiatement à sainte Scolastique !
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Ernest Tissot Princesses de lettres

« Croyez-moi, rien ne se perd en ce monde : parole, action, pensées, tout est force et suit la loi de la force, se transformer ou s’anéantir. Il y a une grande consolation à se dire qu’une pensée projetée par notre cerveau ne peut pas plus se perdre qu’un rayon de lumière parti de Jupiter ou de Saturne [2] . »
Par malheur un tel livre ne saurait être composé par aucun de ceux de notre génération. Mme de Morsier a laissé une descendance directe et les familles protestantes n’admettent pas le public dans leur intimité.
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Ernest Tissot Princesses de lettres

Il est certain que plus une femme a de talent, et plus ses manières de réfléchir, de déduire et de vivre se rapprochent de celles des hommes. Je veux dire qu’en visitant ces cérébrales, qu’en étudiant leur vie et leurs opinions sur la vie, on perd l’impression de la différence du sexe, pour acquérir l’illusion de se trouver en face d’êtres neutres, d’une beauté peut-être classique, mais dont la féminité s’est fortement atténuée.
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