Résumé

Portrait de G. Valbert G. Valbert La Politique financière de M. de Bismarck

Les peuples ne tarderaient pas à s’apercevoir que leurs princes reçoivent, qu’ils ne donnent plus, que c’est l’empire qui donne. S’ils apprennent un jour que l’empire a racheté tous les chemins de fer, ce jour-là une révolution se sera accomplie par des procédés de finances, l’unité sera faite, et M. de Bismarck pourra dire comme ce roi chananéen dont il est parlé dans le livre des Juges : « J’ai à moi soixante-dix rois, à qui j’ai coupé les pouces des mains et des pieds ; ils mangent mon pain et recueillent sous ma table ce qui en tombe. »
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Il faut avouer que ce qui s’est passé était bien propre à plonger les nationaux-libéraux dans la plus sombre tristesse. De toutes les déconvenues qu’ils ont déjà essuyées, aucune ne leur a été plus cruelle. Ils sont accoutumés à pâtir, mais ils sont aussi opiniâtres que prompts à l’espérance, et les espérances éternellement trompées sont le plus odieux des supplices. L’amertume qui gonfle leur cœur est excusable. C’est avec leur assistance que M. de Bismarck a fait sa constitution et organisé l’empire
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M. de Bismarck réussira-t-il par sa politique financière à restituer à l’Allemagne, pour user de ses termes, « tout le sang précieux qu’elles perdu ? » L’avenir seul le dira. Les économistes soutiennent que le nouveau tarif douanier aura pour effet de rendre la vie plus chère, sans relever l’industrie ni l’agriculture. Ils avancent aussi que la protection est une sorte de socialisme bourgeois, qu’elle accoutume les peuples à tout attendre de leur gouvernement, et que, lorsqu’elle est inefficace, ils ont des mouvemens d’humeur dangereux pour qui leur promet plus qu’il ne peut tenir.
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