Résumé

Portrait de G. Valbert G. Valbert Le Rachat des chemins de fer en Allemagne

Si le gouvernement de l’empire se pose en protecteur naturel de certains intérêts, quelle raison pourrait-il donner pour en négliger d’autres et pour fermer l’oreille aux requêtes de quiconque a quelque chose à lui demander ? S’il prétend tout régler, s’il se vante d’être la providence visible de son peuple, peut-il refuser leur pâture aux petits des oiseaux ? S’il croit de son devoir de réformer et d’abaisser les tarifs des chemins de fer, pourquoi ne fixerait-il pas le prix de la viande et du pain ?
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Ce n’est pas la première fois que la Prusse prend l’initiative des sacrifices et du désintéressement. Elle se dépouille au profit de l’empire, elle immole son particularisme sur les autels de la commune patrie, et, quoiqu’il n’en soit rien dit dans l’exposé des motifs, prêchant d’exemple, elle se croit en droit d’espérer que tout le monde s’exécutera comme elle. Les Saxons et les Allemands du sud n’ont pour son désintéressement qu’une médiocre admiration, ils estiment que son sacrifice est plus apparent que réel.
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A deux reprises le Reichstag a mis le chancelier de l’empire en demeure de lui présenter une loi sur les chemins de fer, à l’effet d’en régler la construction et l’exploitation par des principes uniformes. On a tenté de s’entendre pour faire cette loi, on n’y est point parvenu. Le bruit court que cet insuccès répété n’a pas chagriné M. de Bismarck, qui aujourd’hui peut dire à l’Allemagne : — Nous avons essayé des petits moyens et nous n’avons pas réussi, essayez de mon grand moyen ; certains maux ne peuvent être guéris que par des remèdes héroïques.
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