Résumé

Portrait de Ernest Lavisse Ernest Lavisse L’État politique de l’Allemagne

Du moins, il entend n’être le serviteur que de son roi, le courtisan que de son empereur. Il n’a jamais flatté la foule ni enjôlé un parlement. Ironie, sarcasmes, sourires, mépris, menaces composent son éloquence parlementaire. A peine, au lendemain des grands succès, après Sadowa quand il a fait la confédération de l’Allemagne du Nord, après Sedan quand il a fait l’empire, a-t-il condescendu à quelque bienveillance : la moindre opposition réveille en lui le lutteur des temps de conflit, et de nouveau il accable de ses dédains professeurs, avocats, journalistes, idéologues.
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L’armée a ce caractère singulier qu’elle est à la fois l’armée d’un peuple et l’armée d’un homme : tout un pays la recrute et elle est comme la propriété de l’empereur. C’est l’Allemagne en armes, et pourtant elle est au-dessus de l’Allemagne. Il n’est jamais question de la régler sur les convenances de la vie nationale : elle doit être la première servie et satisfaite. Certainement elle est le signe le plus clair de l’unité. Autour d’elle se rallieraient, si l’œuvre était mise en péril par l’étranger, tous les Allemands de tous les pays.
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Le roi de Prusse veut demeurer libre de faire son office de roi de Prusse, de garder et de fortifier l’état fondé par ses ancêtres, de l’étendre comme ils ont fait, pour cela d’organiser son armée comme il lui plaît, de l’accroître, de prélever sur le pays le tribut nécessaire. Que si la constitution accorde à des chambres le droit de voter l’impôt chaque année, et, par conséquent, de le refuser, la constitution se trompe, ou plutôt le peuple en interprète mal l’esprit, car elle n’a pu subordonner la liberté du roi à la liberté du peuple.
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