Résumé

Portrait de Henri Poincaré Henri Poincaré Les Sciences et les Humanités

Ce n’est qu’ainsi qu’on peut se procurer les matériaux d’un raisonnement quelconque, si éloigné d’ailleurs qu’il puisse être du raisonnement mathématique proprement dit. Or, il n’est pas d’observateur si exclusivement observateur, qu’il n’ait besoin de raisonner quelquefois.
Cette habitude de l’analyse, ce n’est pas dans l’étude des mathématiques que le biologiste pourra l’acquérir, si cette étude lui paraît presque aussi fastidieuse qu’au littérateur le plus réfractaire aux sciences.
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VI Ne pourrait-on dire pourtant que c’est là un détour bien inutile, que le but étant de développer l’esprit analytique chez les futurs géomètres, il serait plus simple de les mettre aux prises avec la matière sur laquelle ils auront à travailler ensuite, la quantité, les nombres, les figures ; que plus tard les difficultés qui se rattachent à la pleine intelligence du langage scientifique ne seront plus pour eux qu’un jeu, puisqu’ils n’auront qu’à accomplir des efforts d’analyse analogues à ceux qui leur seront devenus familiers, et en même temps beaucoup plus simples.
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Je cherche comment il faut faire pour former des savants.
Et alors, cela est bien clair. Le savant ne doit pas s’attarder à réaliser des fins pratiques ; il les obtiendra sans doute, mais il faut qu’il les obtienne par surcroît. Il ne doit jamais oublier que l’objet spécial qu’il étudie n’est qu’une partie d’un grand tout qui le déborde infiniment, et c’est l’amour et la curiosité de ce grand tout qui doit être l’unique ressort de son activité. La science a eu de merveilleuses applications
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