Résumé

Adhémar Revue des Deux Mondes

Les cimes élevées de la science sont inaccessibles au grand nombre, mais elles ne sont pas toujours entourées de nuages, et les savans les plus illustres, parvenus au terme de leur gloire, peuvent sans s’abaisser se montrer à la foule et s’en faire entendre. Tous ne l’ont pas tenté. Soit dédain, soit impuissance, on a vu de grands génies, satisfaits d’un petit nombre de disciples, laisser au temps le soin de faire fructifier leur œuvre et de la répandre. D’autres, au contraire, non moins grands et en même temps plus humains, n’oublient jamais que la vérité est un bien commun...
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Adhémar Revue des Deux Mondes

« Le seul objet naturel de la pensée mathématique, dit M. Henry Poincaré [16] , c’est le nombre entier. C’est le monde extérieur qui nous a imposé le continu que nous avons inventé, sans doute, mais qu’il nous a forcé à inventer. Sans lui, il n’y aurait pas d’analyse infinitésimale, et toute la science mathématique se réduirait à l’arithmétique et à la théorie des substitutions. »
La nature invite donc le géomètre à inventer, mais le géomètre invente.
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La mathématique est un art ! Mais n’est-ce point un formidable abus de langage ? N’y a-t-il pas entre l’art et la science des différences telles que vraiment bien fou est celui qui, à tout prix, veut chercher des rapprochemens ? Sans aucun doute, il est des esprits qui, par suite d’une culture trop exclusive et d’un manque absolu de sens critique, ou plutôt, — tranchons le mot, — par suite d’une absence totale d’envergure intellectuelle, ne voient de l’Univers géant que l’une de ses innombrables faces.
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