Horace Bertin

Résumé

Horace Bertin Histoire d'un garde civique (1874)

En apprenant le lendemain de la bouche de la fleuriste la mort de Jules Rouault, il eut cependant un mot touchant.
« Ce jeune homme, dit-il, n'était pas des plus mauvais ni des plus dangereux... sans lui, au contraire, bien souvent ma pauvre devanture...
— Rouault, dit la grisette en sanglotant, avait un excellent coeur... mais çà l'amusait, Jules, d'être garde civique...
— C'est un jeu dangereux, reprit gravement le parfumeur, et, dans tous les cas, mademoiselle Honorine, c'est, comme vous le voyez, une fantaisie dont on meurt quelquefois. »
Source : Gallica

Horace Bertin Histoire d'un garde civique (1874)

« La révolution serait faite et l'empire balayé, ajouta Jules Rouault.
— Est-ce pour demain? demanda à voix basse un ouvrier maigre, coiffé d'une casquette, qui venait d'entrer.
— Sait-on où l'on peut se procurer des armes? répliqua Rouault.
— L'armée ne tirera pas..... s'écria le garçon de café, qui prenait part, en sa qualité de travailleur, aux conversations des prolétaires.
— Je file au chemin de Saint-Pierre, chez le citoyen Le Balleur,» reprit Rouault qui se leva et sortit, doucement ému, en compagnie de la barbe grise de Lambessa.
Source : Gallica

Horace Bertin Histoire d'un garde civique (1874)

Ma chère Honorine, lui écrivait-il, je suis dans le trou le plus bête , le plus affreusement sage que l'on puisse trouver. Tarascon, avec ses petites rues endormies, ses tas de fumier le long des portes, son cours triste, assoupi, ses habitants ankylosés, nonchalants, m'irrite au delà de toute expression. Le café Pinus lui-même, qui représente la défense nationale à Tarascon, me fait écumer de rage. On y coudoie des officiers qui puent la suffisance, surtout ceux qui n'ont dû d'être nommés qu'en noyant leurs compagnies dans les chopes et dans les glorias.
Source : Gallica

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