Jacques Vincent-Marie Pollet

Résumé

Jacques Vincent-Marie Pollet Dictionnaire de théologie catholique

Le génie de Zwingli a grandi beaucoup plus librement : il ne s’attache à aucune tradition ni à aucune école, et l’humanisme a contribué encore à son émancipation. La démarche que Luther accomplit au prix de luttes intimes douloureuses dut lui paraître le terme d’une évolution qui coïncidait avec les étapes successives de sa carrière. Aflranchi intérieurement de toute obédience et disciple d’Érasme, il ne recule pas devant la critique la plus aiguë ; il rejette ce que son intelligence ne peut concevoir comme nécessaire.
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Jacques Vincent-Marie Pollet Dictionnaire de théologie catholique

La critique des abus ecclésiastiques instituée par Érasme et l’humanisme trouva chez Zwingli un auditeur attentif : lui-même, dans sa lecture des Pères, souligne avec avidité tout ce qui pourrait être interprété comme une critique de la hiérarchie ou des pratiques catholiques de son temps. Érasme pouvait se laisser aller à ces critiques, qui d’ailleurs n’étaient pas dénuées de fondement : il s’y livrait avec la verve de l’humaniste et il gardait au fond du cœur la tidélité essentielle.
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Il est dans la logique même de la via moderna d’isoler les apparences de la réalité : la foi seule franchit le fossé, en atteignant directement celleci. Luther aborde de front le miracle eucharistique, il y voit une occasion d’exercer sa foi, selon la manière même à laquelle sa discipline intellectuelle l’a accoutumé. Zwingli, en revanche, l’interprète comme une impossibilité métaphysique : sa théorie de la connaissance l’oblige à prendre les choses pour ce qu’elles sont : réalités ontologiques, réellement connaissables et nullement interchangeables entre elles.
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