“ Il est vrai, ce début de l’épître aux Romains est confus, plein de redites, fastidieux pour celui qui n’est pas sensible au pathétique effort de l’apôtre pour dégager une vérité si nouvelle, qu’il sent de toute son âme, et non confusément, mais qui se dérobe à la prise et qui lutte avec lui comme un ange, et qui se débat. ”
Épître aux Romains
Définition et enjeux
L'Épître aux Romains, une lettre du Nouveau Testament attribuée à Paul de Tarse, constitue un pilier fondamental de la théologie chrétienne. Rédigée vers 55-57 après J.-C. à Corinthe, elle expose la doctrine de la justification par la foi, affirmant que juifs et païens sont sauvés par la grâce de Dieu, et non par les œuvres.
Marie-Joseph Lagrange souligne son rôle dans la vie chrétienne, décrivant la conversion par l'Esprit saint, tandis qu'André Gide met en évidence l'effort pathétique de Paul pour exprimer une vérité nouvelle. Cette épître, destinée aux chrétiens de Rome, réunissant juifs et non-juifs, a façonné la doctrine des Églises et inspiré la Réforme protestante. Son examen des tensions entre la chair et l'esprit, ainsi que sa vision universelle du salut, en font un texte incontournable de la pensée chrétienne.
Citations sur “Épître aux Romains”
Marie-Joseph Lagrange,
Epître aux Romains : Saint Paul
(1916)
“ La vie chrétienne c'est déjà la vie éternelle commencée. Le don de l'Esprit qui accompagne la justification est un don d'infini. Cependant il a maintenu aussi nettement que les Pharisiens de son temps le jugement à venir. Seulement il l'attribue au Christ aussi bien qu'à Dieu : « Car nous tous il nous faut comparaître devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive ce qu'il a mérité étant dans son corps, selon ses œuvres, soit bien, soit mal » (II Cor. v, 10) . C'est la doctrine constante de l'épître aux Romains (II, 16; XIV, 10) . ”
Marie-Joseph Lagrange,
Epître aux Romains : Saint Paul
(1931)
“ De ce culte à l'immoralité la pente était naturelle. Qu'on songe à.la résistance opposée par les mauvais instincts à la prédication chrétienne ! III. On serait cependant porté à juger trop sombres les couleurs de son tableau sur les Romains de la décadence. Mais il n'entendait pas établir le bilan des vertus et des vices. Pour prouver que l'humanité avait besoin d'une nouvelle justice, il fallait étaler ses plaies. C'est ce qu'a fait l'Apôtre, sans s'appliquer au détail des causes, des actions et des réactions, sans rendre le spectacle plus attrayant par l'opposition de certains contrastes. ”
