Jean-Charles Coffier

Résumé

Jean-Charles Coffier Revue des Deux Mondes

Or, dès qu’il fut jugé digne d’être initié, Spinoza fut aussi un adepte de la Cabbale, et il est inadmissible qu’il n’ait pas rencontré Rembrandt dans cet étroit cénacle, si fermé, qui organisait, peut-être chez Ménassé-ben-Israël, ou chez Ephraïm Bonus, ses séances mystérieuses.
Tout est si merveilleux dans cette doctrine séduisante, qu’il était bien difficile à un jeune lévite de ne pas s’y intéresser. Elle avait été révélée par Raziel, l’ange des mystères, à Adam lorsqu’il quitta le Paradis, puis elle fut confirmée à Moïse, lorsqu’il reçut la Loi sur le Sinaï.
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Jean-Charles Coffier Revue des Deux Mondes

Je n’alléguerai pour exemple que la ville d’Amsterdam qui doit sa splendeur et son opulence, que toutes les nations admirent, à cette chère liberté ; car il n’est point de nation si étrange, ni de secte si extraordinaire qui n’y vive paisiblement, et pour confier les biens à quelqu’un on n’est en peine que de savoir s’il a du bien, ou s’il n’en a pas, et s’il est un homme de bonne foi, ou accoutumé à tromper. On n’a nul égard, ni à la religion, ni à la secte pour rendre une cause bonne ou mauvaise.
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Jean-Charles Coffier Revue des Deux Mondes

Dans le quartier juif, qu’habitaient alors Rembrandt et Spinoza, au cours de l’année 1655, la mortalité dut être effroyable. Les Parnassim veillaient jalousement à l’observation rigoureuse de la purification rituelle des femmes, qui leur rapportait de très gros revenus. Il n’y avait qu’une seule piscine, très étroite, où l’eau ne se renouvelait presque jamais ; à tel point, qu’une riche juive étrangère, passant à Amsterdam, et obligée par les Parnassim à se baigner dans cette eau répugnante, demanda avant d’y entrer : « Mais lorsqu’on est purifiée, où se lave-t-on ? »
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